Fuite chez Lubrizol à Rouen : Amaris mène l’enquête

L’association AMARIS, présidée par Yves Blein (Député-Maire de Feyzin et Vice-président du Grand Lyon) qui regroupe plus de 100 collectivités locales et EPCI exposés à des risques technologiques majeurs, a questionné Philippe Prudhon, directeur technique de l’Union des Industries Chimiques (UIC) concernant la fuite de mercaptan chez Lubrizol à Rouen.

Amaris : Les services de secours de Rouen ont reçu 3000 appels le lundi 21 janvier. Une grande confusion semble avoir régnée dans les premières heures. Quel est votre bilan sur cette « crise » ?

Philippe Prudhon : Tout d’abord, l’UIC comprend la réaction et le questionnement des riverains concernés par cet incident. Il est trop tôt pour faire une analyse de cet évènement en particulier l’interface exploitant-DREAL mais une analyse devra être conduite pour trouver une solution. A ce stade, on ne peut parler d’erreur mais d’un décalage entre la perception de la situation vécue par l’exploitant en interne et la réalité à l’extérieur du site. Il faut rappeler que ce produit est très nauséabond à des concentrations extrêmement faibles et bien en dessous des valeurs de concentration pour lesquelles cela représente un risque pour les personnes.

Amaris :  Les industriels sont-ils suffisamment transparents ?

UIC : Dans le cadre de son programme Responsible Care et de son engagement de communication à chaud, les industriels de la chimie dialoguent pour instaurer une relation de qualité avec les riverains autour des sites qui se traduit par de nombreuses actions et l’UIC dans le cadre de sa mission établit des contacts constructifs avec les différentes parties prenantes sur des sujets comme les PPRT (Plan de prévention des risques technologiques).

Amaris : Communication à chaud : quelles pratiques les industriels devraient-ils adopter ?

UIC : Les industriels de la chimie se sont engagés à communiquer à chaud, dès lors qu’un incident est perceptible à l’extérieur du site et de réaliser un communiqué de presse afin de donner une information factuelle aux riverains autour du site. Cette démarche n’est pas simple et doit intégrer l’avènement d’outils de communication toujours plus rapides.

A propos d’AMARIS

Reconnue comme un interlocuteur de référence, AMARIS défend les intérêts des communes dans toutes les négociations avec l’État ou les industriels. L’association accompagne également des collectivités dans l’analyse et la résolution de leurs situations conflictuelles. AMARIS offre ainsi aux collectivités locales une tribune pour faire part aux pouvoirs publics et aux industriels de leurs difficultés et propositions.

Fédérant des collectivités qui font face à des situations très diverses, AMARIS est en mesure de rendre compte des réalités du terrain vécues par les élus locaux. Et à ce titre, elle favorise les échanges d’expériences et organise des rencontres pour les élus et leurs techniciens. Par son expertise, elle permet à ses adhérents de bénéficier des ressources nécessaires à une bonne appréhension des enjeux et des contraintes liées aux risques.

Mieux connaître Amaris : http://www.amaris-villes.org/

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Risques technologiques : 10 ans après AZF, les revendications des Maires

En 2011, où en est-on ? Pourquoi la situation est-elle bloquée ? L’association AMARIS, présidée par Yves Blein (Maire de Feyzin et Vice-président du Grand Lyon), dresse un état des lieux des mesures déployées sur la décennie et pose les revendications pour agir concrètement pour la prévention des risques industriels.

Cette association de prévention des risques qui regroupe plus de 200 collectivités locales et EPCI exposés à des risques technologiques majeurs, a pour objectif d’aider ses membres à mieux gérer les risques et développer un culture de la sécurité sur leurs territoires. Reconnue comme un interlocuteur de référence, AMARIS défend les intérêts des communes dans toutes les négociations avec l’État ou les industriels. L’association accompagne également des collectivités dans l’analyse et la résolution de leurs situations conflictuelles. AMARIS offre ainsi aux collectivités locales une tribune pour faire part aux pouvoirs publics et aux industriels de leurs difficultés et propositions.

10 ans après AZF, qu’en est-il de la sécurité des riverains de zones à risques ?

La Loi Bachelot, votée en 2003 sous le coup de l’émotion, témoignait d’une volonté des pouvoirs publics d’améliorer la prévention et la réduction des risques industriels majeurs. Pour autant, sur le terrain, la situation est inquiétante. En mai 2011, sur 420 PPRT (Plans de Préventions des Risques Technologiques) prévus, 374 étaient prescrits et seuls 101 approuvés. En cause, la complexité des dispositifs à mettre en œuvre, mais aussi et surtout, de graves insuffisances dans la prise en charge financière des travaux nécessaires à la protection des populations concernées.

Comment imposer à un riverain de débourser 10 à 15 000 euros, avec une aide des pouvoirs publics limitée à 3 000€ (crédit d’impôt de 30%), lorsque ce ménage ne dispose généralement pas suffisamment de revenus pour être imposable ? Hélas, la sécurité a un prix, trois fois hélas, ce sont des personnes qui n’ont généralement pas choisi de vivre à proximité d’un site dangereux qui doivent payer.

En France, 900 sites sont placés en zone Seveso, et 9 millions de personnes vivent dans des villes concernées par le risque industriel. Ne faisons pas de ces populations des hors la loi et demandons à l’Etat de prendre ses responsabilités pour assurer leur protection.

LE DOSSIER AMARIS :
· Qu’a-t-on fait après AZF ?
· 2011, où en est-on ?
· Les revendications d’AMARIS
· Un autre « AZF » peut arriver : les alertes

entretien avec le President d'Amaris
entretien avec le Président d'AMARIS
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