Traitement médiatique de l’affaire Charlie Hebdo : le CSA enquête sur d’éventuels manquements

Dans un communiqué paru ce lundi 12 janvier, le CSA annonce examiner d’éventuels manquements commis par les médias depuis les attentats à Charlie Hebdo. A cet effet, l’organisme public rencontrera toutes les chaînes de télé très prochainement pour débattre du leur traitement des prises d’otages qui selon ces derniers, les aurait mis en danger. Pourtant, le vendredi 9 janvier, le Conseil supérieur de l’audiovisuel invitait, peut-être un peu tardivement,  les télévisions et les radios à agir avec le plus grand discernement, dans le double objectif d’assurer la sécurité de leurs équipes et de permettre aux forces de l’ordre de remplir leur mission avec toute l’efficacité requise.

PCS Resilience CSA_charlie

© CSA : Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel se saisit de l’affaire Charlie Hebdo. En effet, depuis le mercredi 7 janvier et les attentats subis par Charlie Hebdo, le CSA a mis en place un suivi du traitement de l’affaire par les médias audiovisuels. « Il examine, dans le cadre de ses pouvoirs de contrôle, les manquements qu’auraient pu commettre certains de ces médias. » annonce-t-il dans un communiqué paru ce matin.

Dans ce même communiqué, on apprend qu’une réunion avec les télévisions et les radios assurant une fonction d’information aura lieu « dans de brefs délais ». Les chaînes d’informations seraient-elles allées trop loin ? C’est en tout cas ce que laissent entendre plusieurs internautes sur les réseaux sociaux. Ainsi, la diffusion d’interviews des frères Kouachi (les auteurs de la tuerie de Charlie hebdo) sur BFM TV, passe mal pour la twittosphère. De même que les images de France 2 montrant le déploiement des forces de l’ordre lors de la prise d’otage de l’hypercasher de la Porte de Vincennes.

De nombreux internautes ont accusé BFM TV, d’avoir mis en danger la vie de l’homme caché dans l’imprimerie où s’étaient retranchés les frères Kouachi à Dammartin-en-Goël. Ruth Elkrief justifie ce choix : « Nous n’avons pas diffusé ces informations pendant le déroulement des opérations pour éviter de gêner les enquêteurs ». Et vendredi, c’est la compagne de l’un des otages de Amedy Coulibaly à l’épicerie casher, qui accusait la même chaîne d’avoir donné trop d’informations, ce qui aurait pu coûter la vie aux personnes cachées dans le frigo.

Des accusations dont se sont défendus les journalistes. Bruce Toussaint explique « peser chaque mot » lorsque Michèle Alliot-Marie, ancienne ministre de l’Intérieur, l’attaque sur son « manque de réserve » lors de la matinale de iTélé. Quant à Elise Lucet, journaliste à France 2, elle clame « savoir des choses, mais on ne dit pas tout. » Un argument partagé par Dominique Rizet, consultant de BFM TV.

Vendredi dernier, en pleine prise d’otage, le CSA invitait les télévisions et les radios à « agir avec le plus grand discernement, dans le double objectif d’assurer la sécurité de leurs équipes et de permettre aux forces de l’ordre de remplir leur mission avec toute l’efficacité requise. »

Ledecia Perez

Share Button

Publié par

Patrice-Louis Laya

Avec plus de 35 ans d'expérience dont 10 ans dans le Groupe BASF, 20 ans dans la sphère IBM (Business Partner, Agent, Architecte solution sécurité), et la création en 2005 d'un Pôle dédié à l'infomédiation sur les problématiques du risque majeur et l'architecture des TIC appliquées aux risques majeurs, Patrice-Louis LAYA a été appelé par le HCFDC pour créer et animer ce blog sur la Résilience et la Sauvegarde des territoires au travers de sa structure dédiée au community management et à la communication digitale e-relation Territoriale. Depuis janvier 2012, Patrice LAYA est auditeur de la Session Nationale Résilience et Sécurité Sociétales. Il a par ailleurs, une formation initiale en agronomie, complétée par une maîtrise d'informatique appliquée à la gestion et un DESS en ingénierie de l'innovation. Dialoguer sur Twitter : @iTerritorial - sur Facebook : http://www.facebook.com/Plan.Communal.Sauvegarde Par mail : espace.territorial@online.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*