Xynthia : le point deux ans après

xynthiaSi beaucoup d’Elus reconnaissent qu’ils n’étaient pas prêts à gérer un tel événement, deux ans après, ils estiment qu’ils sont maintenant mieux armés si tel phénomène venait à survenir.

A ce jour, pratiquement toutes les communes du littoral ont engagé une démarche d’élaboration d’un PCS et repenser leur système d’alerte aux habitants pour être en capacité de réagir. En matière de prévision, de vigilance, et d’alerte, Météo France a mis en place en octobre 2011, la nouvelle vigilance vagues-submersions marines (en partenariat avec le Service hydrographique et océanographique de la marine (SHOM), et en lien avec le Ministère du développement durable et le Ministère de l’Intérieur).

Parallèlement plus de 300 communes se sont vues prescrire un plan de prévention submersion avec obligation de l’approuver dans les trois ans, sans compromis, le Préfet l’approuvera d’office. Au moment de Xynthia, on comptait en France 6738 Plans de Prévention des Risques Naturels (PPRN) inondations approuvés et 3373 prescrits sur le territoire national. Peu de ces PPRN prenaient en compte le risque de submersion marine. Ainsi, sur 864 communes littorales, seuls 46 PPRN avaient été approuvés et 71 effectivement prescrits.

La cartographie du littoral est engagée et fin 2012, le programme Litto3D produira un modèle numérique altimétrique continu terre-mer sur la frange littorale. Enfin, le problème de l’entretien et de la reconstruction des digues s’inscrit dans les PAPI avec 16 projets financés à hauteur de 265 M€ dont 91 M€ via le Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs (FPRNM). Parmi les 16 projets retenus et labellisés, 3 PAPI et 1 PSR (digues) concernent les départements de Charente-Maritime et de Vendée, les plus touchés par la tempête Xynthia.

Toutefois, en visite le Vendredi 24 février à L’Aiguillon-sur-Mer, Bruno Retailleau, Président du Conseil général de la Vendée, a souhaité faire le point sur le Plan digues. « Depuis la tempête Xynthia, des travaux à hauteur de 20 millions d’euros ont déjà engagés, a expliqué le Président du Conseil général. Bien sur, ce n’est pas suffisant. C’est pourquoi, nous nous mobilisons à travers le Plan digues pour faire avancer les choses. Ce sont 84 chantiers de rehausse ou de confortement sur 85 km de côtes qui seront engagés dans les cinq ans ». Il regrette par ailleurs, les lourdeurs et complexités administratives importantes auxquelles sont confrontées les maîtres d’ouvrage.

Une nouvelle fois, il aura fallu la catastrophe pour faire évoluer les comportements et la loi. Il reste encore beaucoup de travail, mais pour le maire de Châtelaillon, Jean-Louis Léonard qui présidait la 3éme session de la résilience nationale : « en deux ans, il y a plus d’actions menées que depuis 40 ans ». A Châtelaillon, plus connu par son petit port des Boucholeurs qui fut particulièrement meurtri par la tempête, la municipalité reconnaît que personne n’avait tiré les enseignements de la tempête Klauss de 1999 et qu’aucun retour d’expérience n’avait été fait. Le maire de Châtelaillon et député de la Charente maritime reconnait qu’avant Xynthia, les communes disposaient d’une très faible connaissance de la topographie de leur littoral et qu’il y avait une impréparation globale des collectivités. Quant aux riverains, eux aussi n’étaient pas préparés et trop peu, et du fait de l’arrivée forte de plaisanciers ces 20 dernières années, personne n’avait une véritable conscience des forces de la mer.

Un manque de culture du risque pouvait on lire un peu partout et entendre de la bouche de nombreux parlementaires. Au lendemain de la catastrophe, cette culture du risque devait même être inscrite comme une grande cause nationale. Mais le coup passé, chacun semble à nouveau pris dans la dichotomie d’informer les habitants et les estivants sur les risques sans leur faire peur et de conserver une dynamique touristique. Les DICRIM, sans être la panacée, sont toutefois finalisés et clairement affichés dans la mairie, selon le Député Léonard. Pour lui, la phase suivante de sensibilisation et d’implication du citoyen sera la mise en place d’un Plan Familial de Mise en Sécurité (PFMS) qu’il a délégué à son CCAS compte tenu de leur parfaite connaissance de l’état sanitaire et social de sa population.

Enfin, en ce qui concerne la mémoire du risque, l’Etat fournira aux communes, fin février, 2000 exemplaires de repères de limite de submersion marine spécifique « Xynthia » (voir photo ci-dessous). Les communes littorales des 4 départements les plus touchés auront la responsabilité de leurs poses.

repères xynthia

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Publié par

Patrice-Louis Laya

Avec plus de 35 ans d'expérience dont 10 ans dans le Groupe BASF, 20 ans dans la sphère IBM (Business Partner, Agent, Architecte solution sécurité), et la création en 2005 d'un Pôle dédié à l'infomédiation sur les problématiques du risque majeur et l'architecture des TIC appliquées aux risques majeurs, Patrice-Louis LAYA a été appelé par le HCFDC pour créer et animer ce blog sur la Résilience et la Sauvegarde des territoires au travers de sa structure dédiée au community management et à la communication digitale e-relation Territoriale. Depuis janvier 2012, Patrice LAYA est auditeur de la Session Nationale Résilience et Sécurité Sociétales. Il a par ailleurs, une formation initiale en agronomie, complétée par une maîtrise d'informatique appliquée à la gestion et un DESS en ingénierie de l'innovation. Dialoguer sur Twitter : @iTerritorial - sur Facebook : http://www.facebook.com/Plan.Communal.Sauvegarde Par mail : espace.territorial@online.fr

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