La panne totale du réseau Orange remet-elle en cause les nouveaux systèmes d’alerte des populations

La panne totale du réseau Orange le vendredi 6 juillet remet-elle en cause les nouveaux systèmes d’alerte des populations qui reposent de plus en plus sur l’envoi de message électronique via un mobile ou un ordinateur. En effet, ce même vendredi, nous avons vécu un événement climatique majeur sur la région parisienne avec des pluies importants qui auraient pu générer des ruissellements dangereux nécessitant d’alerter la population de certaines communes.

Que s’est il passé le vendredi 6 juillet ?

Pendant plusieurs heures, entre vendredi et samedi, les 27 millions de clients mobiles Orange – mais aussi d’autres opérateurs utilisant son réseau comme Free Mobile – ont eu d’énormes difficultés à passer des appels, échanger des SMS et utiliser internet. Un premier rapport est attendu dans les jours qui viennent et un décret pourrait être pris pour imposer un audit de ces réseaux. les députés de la commission des affaires économiques ont entendu le PDG d’Orange.

explication panne orange

Pus d’Infos :

Le PDG d’Orange Stéphane Richard est longuement revenu le mercredi 18 juillet sur la panne géante qui a affecté pendant douze heures le réseau mobile, d’abord à Bercy puis devant une commission de l’Assemblée nationale, promettant de premières conclusions fin juillet et un rapport exhaustif en septembre (http://lcp.fr/138561.)

A 15H06 le vendredi 6 juillet, l’opérateur historique, qui supervise ses réseaux « seconde par seconde », constate un ralentissement anormal du trafic, une dégradation du service qui va s’accentuer au fil des minutes, puis des heures.

Malgré la mise en place « rapide » du dispositif de crise, à 19H, seulement « 10% des communications sont acheminées », et ce n’est qu’à 22H15 que communications et SMS sont rétablis, puis à 3H samedi que l’internet mobile refonctionne, a détaillé Stéphane Richard devant la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale.

Evoquant une « panne importante et très spectaculaire, un incident rarissime par son ampleur », le PDG a indiqué qu’un total de 30 millions de personnes avaient pu être touchées par le problème, entre les clients Orange et ceux des opérateurs qui utilisent son réseau, comme Free Mobile.

« C’est une leçon d’humilité pour nous », a également déclaré Stéphane Richard, indiquant que l’audit lancé dès samedi déboucherait sur de premières conclusions fin juillet, et sur un rapport exhaustif le 10 septembre.

Il a précisé avoir remis mercredi en début d’après-midi à la ministre de l’Economie numérique Fleur Pellerin, qui l’avait convoqué à Bercy, un premier rapport « qui détaille la description de l’incident et les investigations que nous faisons ».

« Je confirme l’origine logicielle qui a affecté un des éléments du réseau mobile. Le problème est survenu au coeur du réseau, composé de vingt-sept machines installées sur une quinzaine de sites différents. L’ensemble des éléments incrimés sont fabriqués par Alcatel-Lucent », a détaillé M. Richard, qui refuse cependant tout « transfert de responsabilité » de la panne sur l’équipementier.

Anomalie créée par une mise à jour

« C’est un matériel de dernière génération, mis en place en mai 2012. Chaque année, on procède à des mises à jour logicielles, et une des mises à jour est intervenue 48h avant l’incident, il semblerait que ce soit lors de cette mise à jour qu’il y ait eu un problème, c’est la cause-source de l’incident », a-t-il précisé.

« L’anomalie créée par cette mise à jour n’a pas fait l’objet d’une alerte automatique, on est peut être dans le défaut de conception ou la défaillance humaine, je ne le sais pas encore », a résumé le PDG.

« Du coup, la redondance (soit le doublement ou le triplement des systèmes par sécurité) prévue dans le système n’a pas fonctionné », a-t-il expliqué.

La panne « n’est a priori pas liée à une agression informatique, par un hacker ou autre, ce n’est pas l’afflux de trafic qui a créé le problème, et ce n’est pas lié à un sous-investissement dans l’équipement », a également tenu à préciser M. Richard.

Le PDG a confirmé que la panne aurait un coût total de « plusieurs dizaines de millions d’euros », mais qu’il était encore trop tôt pour donner une estimation plus précise.

L’autorité de régulation des télécoms (Arcep), dont le président Jean-Ludovic Silicani a également été auditionné mercredi par cette commission, a indiqué qu’il auditionnerait « prochainement » le PDG d’Orange.

L’Arcep « participe depuis lundi à l’analyse de l’incident qui a mis en cause les conditions de disponibilité et de qualité du service prévues dans les licences mobiles. Si un manquement aux obligations de l’opérateur devait être constaté, l’Autorité aurait la faculté, après mise en demeure, de prononcer une sanction », a-t-elle indiqué dans un communiqué mercredi soir.

Source : LCP/AFP

Share Button

Publié par

Patrice-Louis Laya

Avec plus de 35 ans d'expérience dont 10 ans dans le Groupe BASF, 20 ans dans la sphère IBM (Business Partner, Agent, Architecte solution sécurité), et la création en 2005 d'un Pôle dédié à l'infomédiation sur les problématiques du risque majeur et l'architecture des TIC appliquées aux risques majeurs, Patrice-Louis LAYA a été appelé par le HCFDC pour créer et animer ce blog sur la Résilience et la Sauvegarde des territoires au travers de sa structure dédiée au community management et à la communication digitale e-relation Territoriale. Depuis janvier 2012, Patrice LAYA est auditeur de la Session Nationale Résilience et Sécurité Sociétales. Il a par ailleurs, une formation initiale en agronomie, complétée par une maîtrise d'informatique appliquée à la gestion et un DESS en ingénierie de l'innovation. Dialoguer sur Twitter : @iTerritorial - sur Facebook : http://www.facebook.com/Plan.Communal.Sauvegarde Par mail : espace.territorial@online.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*