Quel courant de pensée, deux ans après Xynthia

enquete xynthiaEn septembre dernier, près de 18 mois après la tempête Xynthia, j’avais réalisé une enquête sur la perception de Xynthia par les citoyens. Cette étude a été réalisée dans le cadre des activités de recherche de l’Académie de l’Eau sous le pilotage de la sociologue et administrateur de l’Académie de l’eau, Bernadette de Vanssay, et supporté par le site Sécurité Commune Info. Le questionnaire adressé à toutes les communes de la Charente maritime et de la Vendée, entendait recueillir des pistes de réflexion pour une meilleure prévention à l’échelle de la société civile.

Pour 65% des répondants (170), Xynthia marquera l’histoire des catastrophes et sera un tournant dans les politiques de prévention. Si pour 32%, cette tempête a été un événement traumatisant, un tiers seulement estiment qu’il s’agit là d’une manifestation du changement climatique.
La signalisation des impacts de la tempête avec, entre autres, les repères de crues est la mesure prioritairement attendue (70%) pour que Xynthia reste présente dans la mémoire collective. Pour que cette mémoire reste en Eveil, 60% des citoyens attendent une communication continue sur le risque majeur. Enfin, l’éducation des jeunes enfants doit devenir aussi une priorité. Les reportages sur d’autres catastrophes telles le Japon ou le Var ainsi que les annonces de vigilance émises par Météo France ravivent le souvenir de Xynthia (60%).

Pour mieux prévenir, anticiper et préparer la survenue d’autres phénomènes similaires, la société civile demande d’être initiée à la problématique des risques naturels (58%) et veut être impliquée dans sa propre protection (50%). Ils ne sont toutefois que 31% à être prêts à investir du temps personnel pour participer à la prévention d’événements comme la tempête Xynthia. La refonte des procédures d’alerte et de gestion de crise doivent être revues. Enfin, il faut redonner son importance aux anciennes techniques de gestion des eaux comme les mares.

Si vous souhaitez recevoir l’analyse détaillée de cette étude, contactez moi : espace.territorial[@]online.fr (Patrice LAYA)

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Xynthia : le point deux ans après

xynthiaSi beaucoup d’Elus reconnaissent qu’ils n’étaient pas prêts à gérer un tel événement, deux ans après, ils estiment qu’ils sont maintenant mieux armés si tel phénomène venait à survenir.

A ce jour, pratiquement toutes les communes du littoral ont engagé une démarche d’élaboration d’un PCS et repenser leur système d’alerte aux habitants pour être en capacité de réagir. En matière de prévision, de vigilance, et d’alerte, Météo France a mis en place en octobre 2011, la nouvelle vigilance vagues-submersions marines (en partenariat avec le Service hydrographique et océanographique de la marine (SHOM), et en lien avec le Ministère du développement durable et le Ministère de l’Intérieur).

Parallèlement plus de 300 communes se sont vues prescrire un plan de prévention submersion avec obligation de l’approuver dans les trois ans, sans compromis, le Préfet l’approuvera d’office. Au moment de Xynthia, on comptait en France 6738 Plans de Prévention des Risques Naturels (PPRN) inondations approuvés et 3373 prescrits sur le territoire national. Peu de ces PPRN prenaient en compte le risque de submersion marine. Ainsi, sur 864 communes littorales, seuls 46 PPRN avaient été approuvés et 71 effectivement prescrits.

La cartographie du littoral est engagée et fin 2012, le programme Litto3D produira un modèle numérique altimétrique continu terre-mer sur la frange littorale. Enfin, le problème de l’entretien et de la reconstruction des digues s’inscrit dans les PAPI avec 16 projets financés à hauteur de 265 M€ dont 91 M€ via le Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs (FPRNM). Parmi les 16 projets retenus et labellisés, 3 PAPI et 1 PSR (digues) concernent les départements de Charente-Maritime et de Vendée, les plus touchés par la tempête Xynthia.

Toutefois, en visite le Vendredi 24 février à L’Aiguillon-sur-Mer, Bruno Retailleau, Président du Conseil général de la Vendée, a souhaité faire le point sur le Plan digues. « Depuis la tempête Xynthia, des travaux à hauteur de 20 millions d’euros ont déjà engagés, a expliqué le Président du Conseil général. Bien sur, ce n’est pas suffisant. C’est pourquoi, nous nous mobilisons à travers le Plan digues pour faire avancer les choses. Ce sont 84 chantiers de rehausse ou de confortement sur 85 km de côtes qui seront engagés dans les cinq ans ». Il regrette par ailleurs, les lourdeurs et complexités administratives importantes auxquelles sont confrontées les maîtres d’ouvrage.

Une nouvelle fois, il aura fallu la catastrophe pour faire évoluer les comportements et la loi. Il reste encore beaucoup de travail, mais pour le maire de Châtelaillon, Jean-Louis Léonard qui présidait la 3éme session de la résilience nationale : « en deux ans, il y a plus d’actions menées que depuis 40 ans ». A Châtelaillon, plus connu par son petit port des Boucholeurs qui fut particulièrement meurtri par la tempête, la municipalité reconnaît que personne n’avait tiré les enseignements de la tempête Klauss de 1999 et qu’aucun retour d’expérience n’avait été fait. Le maire de Châtelaillon et député de la Charente maritime reconnait qu’avant Xynthia, les communes disposaient d’une très faible connaissance de la topographie de leur littoral et qu’il y avait une impréparation globale des collectivités. Quant aux riverains, eux aussi n’étaient pas préparés et trop peu, et du fait de l’arrivée forte de plaisanciers ces 20 dernières années, personne n’avait une véritable conscience des forces de la mer.

Un manque de culture du risque pouvait on lire un peu partout et entendre de la bouche de nombreux parlementaires. Au lendemain de la catastrophe, cette culture du risque devait même être inscrite comme une grande cause nationale. Mais le coup passé, chacun semble à nouveau pris dans la dichotomie d’informer les habitants et les estivants sur les risques sans leur faire peur et de conserver une dynamique touristique. Les DICRIM, sans être la panacée, sont toutefois finalisés et clairement affichés dans la mairie, selon le Député Léonard. Pour lui, la phase suivante de sensibilisation et d’implication du citoyen sera la mise en place d’un Plan Familial de Mise en Sécurité (PFMS) qu’il a délégué à son CCAS compte tenu de leur parfaite connaissance de l’état sanitaire et social de sa population.

Enfin, en ce qui concerne la mémoire du risque, l’Etat fournira aux communes, fin février, 2000 exemplaires de repères de limite de submersion marine spécifique « Xynthia » (voir photo ci-dessous). Les communes littorales des 4 départements les plus touchés auront la responsabilité de leurs poses.

repères xynthia

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La ville de Nice se dote d’un PC Mobile de gestion de crise

Le 30 janvier dernier, le Député-Maire de Nice et Président de Nice Côte d’Azur, Christian Estrosi, a présenté le premier Poste de Commandement Mobile de gestion de crise intercommunal.

Ce PC Mobile de gestion de crise est à la disposition de l’ensemble des 46 communes de la Métropole et permettra d’agir le plus rapidement possible et de façon efficace dans la gestion d’un évènement exceptionnel ou à une catastrophe.

L’idée est née du RETEX sur le coup de mer de 2010 qui a montré l’absence d’un point d’ancrage sur le terrain pour évaluer la situation et coordonner les 150 personnes qui intervenaient pour retrouver une situation normale, très rapidement. Ce poste de commandement mobile vient en complément de la cellule vigilance de la Ville de Nice et viendra appuyer les secours dans l’assistance aux populations et la réparation des dommages.

Construit à partir d’un véhicule utilitaire, ce PC mobile est doté de moyens de télécommunication et de traitement de données qui lui permettent de rester en contact permanent avec le PC fixe, tout en étant au plus près des événements (incendie, inondation, tremblement de terre…). Grâce à son réseau radio numérique, sa caméra mobile, ses deux ordinateurs connectés en 3G ainsi que l’ensemble des cartographies et plans de secours, l’équipe d’intervention dispose de les toutes informations pertinentes et utiles pour agir sur l’événement. Totalement autonome grâce à son propre groupe électrogène, il peut en autre consulter en temps réel la main courante du PC de Crise et connaître les actions engagées par le PC de crise de la commune. Il dispose aussi d’une caméra mobile et indépendante lui permettant de filmer tout événement et d’envoyer directement les images à la mairie ou au Maire qui pourront les visionner sur un ordinateur, un iphone ou une tablette.

Le PC Mobile a entièrement été conçu par les services de la mairie sous le pilotage de Philippe Almot, Directeur Adjoint et responsable de la Prévention des Risques Urbains. Le coût de ce projet comprend l’achat d’un Peugeot Boxer et 20 000 euros de matériel (caméra, ordinateur,…). Les logiciels utilisés (cartographies …), ou accès à des données Météo localisées» étant déjà intégrés dans le PC de la ville.

Voir la video d’inauguration : http://www.nicecotedazur.org/kiosque/tag?category=roubion

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La communauté d’agglomération de Carcassonne poursuit l’équipement de ces adhérents d’un PCS

le maire Jean-pierre Botsen Ainsi, le Mercredi 8 février, l’équipe municipale de PEZENS, composée des élus et de l’ensemble du personnel, a participé à une journée de formation sur la mise en place du Plan Communal de Sauvegarde (PCS). Ce dispositif de gestion de crise se met en place au niveau de la communauté d’agglomération de Carcassonne en collaboration avec la société Predict.

Deux risques majeurs ont été identifiés sur cette commune de 350 habitans : inondations et transports de matières dangereuses. D’autre part, PEZENS est soumise à un PPRI (Plan de Prévention des Risques d’Inondation), et à donc l’obligation réglementaire de disposer d’un PCS. Le plan prend en compte l’historique du village face à de telles situations et permet d’organiser les opérations de sauvegarde et de secours en cas de problèmes majeurs.

La journée de formation s’est déroulée en deux parties : une présentation théorique du PCS en matinée puis une mise en pratique sur le terrain. En début d’après-midi, il y a donc eu simulation d’une situation de crue importante du Fresquel. Dès lors, les différentes cellules d’intervention se sont mises en place sur le village, de manière fictive. Cet exercice pratique vise à anticiper et à s’organiser pour savoir « qui fera quoi » le jour J. Il permet également de recenser les moyens mis en oeuvre pour atteindre les objectifs fixés.

Dans la continuité de la formation, une réunion publique a eu lieu à 18 h 30, au foyer municipal pour présenter ce PCS à la population en partenariat avec Carcassonne Agglo. A l’ordre du jour de la réunion publique : information sur les risques majeurs, présentation des zones concernées, articulation communale en cas de crise, consignes de sécurité, questions diverses.

Le maire précise que « cette information concerne tous les habitants de la commune. En effet, de nombreuses zones du village sont classées inondables et en cas de crues, les « écarts » deviennent des points sensibles à surveiller. De plus, la circulation de produits toxiques sur la RD 6 113 ne doit pas être oubliée ».

Problématique du bassin versant du Fresquel :

Le Fresquel et son affluent principal, le Tréboul, sont des cours d’eau très anthropisés, ayant subi des recalibrages, curages, rectifications, suppressions de méandres, endiguements, suppressions totales ponctuellement de la végétation rivulaire. Sur ces mêmes rivières, on suppose un déficit sédimentaire, au moins de manière ponctuelle. Ces facteurs ont entraîné une forte dégradation de la majeure partie des habitats piscicoles de ces deux cours d’eau.

bassin versant fresquel
Le bassin versant du Fresquel doit faire face à une forte pression agricole, à l’artificialisation et à la banalisation totale des écoulements de son réseau hydrographique, du point de vue des hauteurs d’eau, des débits, du transport solide et des faciès d’écoulements.

De plus, il possède de grandes contraintes vis-à-vis de la gestion des crues, puisqu’on y trouve des ouvrages structurants tels que le canal du midi, la route N 113, l’autoroute, la voie SNCF et des ponts mobiles sur le Fresquel (3 au total). Cela pose d’importants problèmes pour favoriser les débordements du Fresquel et de ses affluents, sans atteindre des habitations ou autres routes,
ponts… De plus, l’habitat dans le Lauragais est diffus et donc difficilement maîtrisable (certains secteurs urbanisés sont localisés en zones inondables).

On peut également noter la déficience d’entretien des bords de rivières dont fait l’objet l’ensemble du bassin versant du Fresquel, ce qui a pour conséquence de donner une « mauvaise image » de la rivière, plutôt considérée comme un grand fossé agricole dans lequel se jettent encore des rejets domestiques, et ce malgré la mise en place de stations d’épurations.

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