Le SIRACEDPC des Bouches-du-Rhône édite son propre guide d’élaboration des Plans Communaux de Sauvegarde

La Préfecture des Bouches-du-Rhône vient de publier un guide d’élaboration des Plans Communaux de Sauvegarde en parallèle des guides de la Direction de la Sécurité Civile relatifs aux PCS. Face à la complexité reconnue du premier guide de la DSC, cette initiative est a saluée.

Guide_PCSPour aider les communes dans la conception ou la révision de leur PCS, un guide d’élaboration a été conçu dans les Bouches du Rhône par un groupe de travail inter services, piloté par le SIRACEDPC. Son objectif est de favoriser le développement des dispositifs opérationnels de gestion de crise dans toutes les communes du département, en proposant aux élus un outil dynamique et adaptable à leurs besoins.

En complément de ce nouvel outil d’aide à l’élaboration des PCS, les communes qui le souhaitent peuvent suivre une formation sur ce thème, organisée par la Délégation régionale PACA du CNFPT. Intitulée « Garantir le caractère opérationnel du Plan communal de sauvegarde (PCS) et des organisations ou systèmes associés », elle se déroulera le 6 décembre prochain à La Garde (Var).

L’objectif de cette journée, organisée en partenariat avec le Cyprès et avec le concours de l’Institut des Risques Majeurs, centrée sur des retours d’expériences, est de mettre l’accent sur des bonnes pratiques et les savoir-faire associés qui contribuent à garantir le caractère opérationnel des dispositifs de gestion de la crise au niveau local. Cette journée s’adresse aux décideurs et responsables de la gestion des risques majeurs et du PCS.

Guide d’élaboration PCS-1

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DIGOIN (71) : la municipalité teste son PCS en cas de crue de la Loire

La municipalité de  DIGOIN a testé le 26 novembre son nouveau plan de sauvegarde communale, prévu en cas de crue de la Loire.  En effet, à Digoin, les habitants ont appris à gérer ce type de mésaventures. Déjà, en 2003, en 2005 et surtout en 2008, les Digoinais avaient dû faire face aux caprices du fleuve. Les secours s’étaient organisés à la hâte pour faire face à la montée des eaux.

Désormais, la municipalité a mis en place un Plan Communal de Sauvegarde (PCS) qui recense précisément les aléas, les enjeux, et surtout les moyens et l’organisation mis en oeuvre au niveau communal pour répondre au mieux à toutes ces situations.

Si depuis le XIXe siècle, le maire est garant de la sécurité de ses administrés, la nouvelle loi de sécurité civile renforce cette responsabilité. En effet, c’est à la municipalité d’orchestrer le commandement d’une cellule de crise, en lien étroit avec les services des pompiers et de la gendarmerie.

Ainsi, le 26 novembre, ce dispositif a été testé, sous les yeux du sous-préfet de Charolles, Jean-Philippe Trioulaire; afin de passer de la théorie à la pratique et intégrer les réflexes à avoir quand la Loire inonde places, rues et appartements.

DIGOIN

Quant aux risques potentiels sur la Commune de DIGOIN, ils sont de plusieurs ordres :

Risque naturel/climatique

  • Inondation

Risque technologique

  • Les Transports de matières dangereuses :
  1. RCEA
  2. RN 79
  3. RD 979
  4. Voie ferrée
  • Canalisations de gaz
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Un modèle visant à simuler des évacuations de grande ampleur

Dans le cadre d’un projet de l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP), l’Institut de la planification des transports et des systèmes de transport de l’EPF de Zurich élabore un modèle visant à simuler des évacuations de grande ampleur. L’objectif est de concevoir un outil flexible permettant de simuler et d’étudier des évacuations. Quelles que soient leur cause et les autres conditions tel le temps ou l’état des infrastructures.

evacuation_simulation_1
Représentation graphique du temps nécessaire à l’évacuation en fonction du point de départ

La détermination des flux de trafic à attendre en cas d’évacuation repose d’habitude sur des simulations. Elles sont surtout appliquées à des situations quotidiennes se produisant régulièrement et de façon répétée. On peut en pareil cas considérer que la population (simulée) connaît les flux de trafic et les temps de déplacements qui en découlent ou qu’elle peut les évaluer avec précision. Partant de cette hypothèse, il est par exemple possible d’étudier les effets qu’aura une route de délestage lorsque, quelques mois après sa réalisation, la population se sera habituée aux changements qu’elle induit.

Une approche usuelle aujourd’hui est la «simulation étayée par des agents». Elle représente chaque personne de la zone examinée par un «agent» dans la simulation.

Chacun de ces agents possède des attributs spécifiques comme l’âge, le sexe, la possession d’un permis de conduire et d’un véhicule. Cette approche permet de plus d’intégrer des structures d’ordre supérieur, comme des ménages ou des cercles d’amis. Chaque agent est muni d’un plan journalier retraçant ses activités (ses loisirs et son travail notamment) et les itinéraires parcourus entre les différents lieux visités. Un chemin est par exemple décrit à l’aide de l’heure de départ, du moyen de transport utilisé et de l’itinéraire choisi.

Les mouvements des agents sont simulés sur un réseau de communication prenant d’habitude appui, de nos jours, sur un réseau de navigation et englobant pratiquement chaque route du périmètre considéré. On peut aussi modéliser des bâtiments réels et leurs capacités (nombre de logements, places de stationnement, postes de travail, etc.).

Adaptation progressive à la réalité
La quantité des agents est désignée «population synthétique». Celle-ci est censée décrire la population réelle et ses comportements de la façon la plus réaliste possible.

Pour créer les agents, on recourt aux données du recensement de la population et aux «journaux de trafic» (microrecensement mobilité et transports). Les critères sont par exemple la quantité et le genre d’activité ainsi que les flux de trafic sur les routes pour lesquelles existent des données de comptage.

Une autre hypothèse plausible pour une simulation est que la population se comporte selon le modèle de l’«homo-economicus» et aspire par conséquent à aménager ses plans journaliers de manière idéale. Un agent essaie donc de réduire le plus possible ses temps de déplacement en choisissant l’itinéraire adéquat et de disposer par conséquent de davantage de temps pour les activités qu’il a prévues.

Comme il n’est pas encore possible, au moment de la création des agents, de tenir compte de facteurs d’influence comme les flux de trafic ou l’utilisation des bâtiments, leurs plans à ce sujet ne peuvent pas être initialement parfaits. La simulation optimise les plans journaliers et adapte progressivement les itinéraires choisis et les heures de départ par exemple ou les lieux dans lesquels des activités sont menées.

Une évacuation: pas un scénario de tous les jours
Une évacuation de grande ampleur n’est toutefois pas un phénomène comme le trafic journalier lié aux activités professionnelles.

Dans un tel cas, le trafic s’écoule autrement que lors d’un jour ordinaire. Dès lors qu’il s’agit de simuler, au lieu d’un scénario quotidien, un scénario comprenant des éléments imprévisibles, quelques-unes des hypothèses admises plus haut ne sont plus pertinentes. Lors d’une évacuation, l’agent a uniquement des connaissances limitées et dispose d’informations incomplètes voire erronées.

Quelques informations sont de première main, et proviennent par exemple de ses propres observations, d’autres de parents et d’amis ou des médias, tandis que certaines se fondent sur des rumeurs ou des hypothèses.

Un scénario d’évacuation comprend en outre d’autres éléments absents des scénarios usuels, voire présents ou nécessaires de façon limitée seulement: citons d’abord à cet égard le modèle de comportement des agents. Dans un scénario usuel, on peut admettre qu’un agent choisira un plan journalier idéal tenant compte de toutes les informations nécessaires. La situation comparativement mauvaise sur le plan de l’information en cas d’évacuation conduit à ce que l’agent doive décider des sources auxquelles il fait confiance et de la mesure dans laquelle il les juge fiables.

On peut aussi considérer ici le fait qu’une personne aime prendre des risques ou les évite le plus possible. En utilisant ses informations et en se concertant avec d’autres agents (famille, mais aussi amis et voisins), l’agent décide ensuite comment il entend se comporter.

Pour qu’il puisse comparer les différentes alternatives entre elles, il fait appel à une fonction dite d’utilité. Par souci de simplification, disons qu’elle lui permet d’évaluer positivement les objectifs atteints et négativement les objectifs manqués. Comparativement à un scénario usuel, une évacuation réclame une fonction d’utilité diamétralement différente. Les facteurs comme les temps de travail prédéfinis ne sont pas pertinents et la sécurité des membres de la famille devient prioritaire voire l’emporte sur le bien-être personnel.

Infrastructures détruites
Suivant la cause d’une évacuation, les infrastructures d’une zone sont souvent touchées. Ainsi après un tremblement de terre, les routes peuvent être impraticables et les rivières gonflées par les crues peuvent emporter des ponts. De telles détériorations possibles sont à étudier dans le périmètre considéré et le réseau modélisé doit être adapté en conséquence. Il faut de la même manière intégrer la composante temporelle: en cas d’inondation, les zones concernées sont par exemple inondées et rendues impraticables peu à peu seulement.

Un autre élément des scénarios d’évacuation absent des scénarios journaliers est constitué par les forces d’intervention et leur comportement. La modélisation doit par exemple tenir compte du laps de temps pendant lequel celles-ci opèrent et des mesures qu’elles peuvent prendre.
Il s’agit de veiller en l’occurrence au fait qu’il s’agit de personnes également soucieuses de savoir leurs propres familles en sécurité.

Une évaluation différente
Un dernier point différenciant nettement les simulations d’évacuation d’autres simulations du trafic réside dans les analyses des résultats. Les évaluations des dernières simulations citées se concentrent par exemple sur l’incidence de nouvelles infrastructures et l’analyse des personnes qui en sont touchées. Les spécialistes planifiant des évacuations s’intéressent en revanche à des données tout à fait différentes. Ils réfléchissent à des questions comme celles-ci : combien de temps s’écoulera-t-il jusqu’à ce que la dernière personne ait quitté la zone? Ou: quelle est la répartition des moyens de transport choisis?

Pour répondre à ces questions, les résultats d’une simulation sont évalués de multiples manières. Des données comme les temps et distances de déplacement moyens ou l’utilisation des moyens de transport exprimée en pour cent sont étudiées sous forme de tableaux. Pour l’analyse des données au cours du temps, le nombre de personnes dans la zone à évacuer par exemple, on utilise habituellement des diagrammes . Des animations sont aussi utiles pour évaluer les simulations d’évacuation.

evacuation_simulation
Dans la simulation, chaque agent est représenté par une flèche. Les couleurs symbolisent leur vitesse respective.

L’illustration 2 montre une image d’une telle animation. Chacun des quelque 1,2 million d’agents y est représenté sous la forme d’une flèche. La couleur de celle-ci symbolise la vitesse de l’agent. Des filtres peuvent en outre être appliqués, par exemple pour indiquer certains moyens de transport seulement. Très vite on obtient ainsi un premier aperçu du scénario permettant d’identifier par exemple de gros rassemblements de foule ou des goulets d’étranglement dans le réseau routier.

Professeur Kay W. Axhausen
Institut de la planification des transports et des systèmes de transport IVT, EPF Zurich
Christoph Dobler / Matthias Kowald
Collaborateurs scientifiques et doctorants à l’IVT-

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Exercice SEISMO 12 : RETEX

Seismo12L’exercice international SEISMO 12, fondé sur un scénario de tremblement de terre, s’est déroulé du 8 au 10 mai 2012 sous la direction de l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP).

Les états-majors de conduite ont été mis à rude épreuve, mais au final, les organisations participantes ont bien réussi le test. Il sera procédé ultérieurement à une évaluation détaillée qui indiquera les améliorations nécessaires, s’agissant notamment de la collaboration entre les différents états-majors.

sismo12Sous le titre de SEISMO 12 s’est tenu un exercice cadre d’état-major de plusieurs jours et de grande envergure. Les organisations de crise et de conduite de nombreux partenaires de la protection de la population y ont pris part. Les principaux acteurs étaient le nouvel Etat-major fédéral ABCN, les états-majors de conduite des cantons d’Argovie, de Bâle-Campagne, de Bâle-Ville et de Soleure, ainsi que divers états-majors de l’armée suisse et d’unités administratives allemandes. Le scénario était fondé sur le tremblement de terre qui a ravagé la ville de Bâle en 1356. De nos jours, un tel séisme d’une magnitude de 6,5 à 7 sur l’échelle de Richter occasionnerait de graves dommages sur un vaste territoire. On pouvait donc s’attendre à un lourd bilan: plusieurs milliers de morts, des dizaines de milliers de blessés et plus d’un million de sans-abri dans les premiers jours.

sismo12_1Au soir du troisième jour, les représentants des organisations participantes et de la direction de l’exercice se sont déjà réunis à Liestal (BL) pour une discussion de clôture, afin d’échanger leurs premières expériences et impressions et de tirer un bilan provisoire. Le directeur de l’exercice, Hans Guggisberg, a loué l’engagement de tous les participants. Il a souligné l’ampleur du travail accompli et le sérieux avec lequel les problèmes ont été abordés. Il a constaté en outre que les objectifs fixés par la direction de l’exercice avaient été atteints. Il s’agira maintenant de tirer pleinement profit des enseignements de l’exercice à tous les niveaux afin d’apporter de nouvelles améliorations au système de protection de la population.

Collaboration entre les organes de conduite

SEISMOLes participants ont admis avoir dû relever de grands défis dans le cadre de SEISMO 12. Dans l’ensemble, les organes de conduite disposent des compétences et des structures requises pour faire face à une catastrophe de cette ampleur. L’exercice s’étant déroulé sur plusieurs jours 24 heures sur 24, les organisations participantes ont dû démontrer qu’elles pouvaient assurer la relève: une exigence à laquelle elles ont dans l’ensemble bien répondu. L’un des objectifs prioritaires était de vérifier et de promouvoir la coopération entre les différents états-majors de conduite de la Confédération et des cantons ainsi qu’avec des partenaires étrangers. L’évaluation détaillée montrera dans quelle mesure des améliorations sont encore possibles en la matière.

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Source : Office fédéral de la protection de la population

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