Culture du risque sismique à la Guadeloupe : la semaine « SISMIK »

Dans le cadre du Plan Séisme Antilles, une campagne de sensibilisation au risque sismique est mise en place chaque année par la Préfecture de Guadeloupe. Sous le pilotage du Comité Séisme de Guadeloupe et animées par la DIREN et la DDE, ces campagnes s’articulent depuis 2008 autour de la semaine SISMIK, qui se tient en novembre.

SISMIK

Elle a pour objectif d’instaurer et de pérenniser une culture du risque sismique. Le but est de maintenir les bonnes pratiques avant, pendant et après le tremblement de terre pour harmoniser le degré de connaissance de tous et porter l’information au plus près des populations les plus vulnérables.

Ainsi, depuis la fin de l’année 2010,  14 émissions télévisées sur les risques sismiques et volcaniques de 7 minutes ont ainsi été réalisées et diffusées à plusieurs reprises de décembre 2010 à janvier 2012 sur la chaîne Guadeloupe

Tous les intervenants et acteurs locaux concernés par la prévention du risque sismique se sont donc mobilisés conjointement afin de porter efficacement et dans la plus grande concertation l’information auprès des publics (connaissance du phénomène, amélioration de la prise en compte du risque sismique, respect de la réglementation, connaissance et incitation à la mise en œuvre des mesures de prévention …).

Et pour ce faire, de nombreux supports ont été réalisés et mis à la disposition du plus grand nombre durant cette semaine SISMIK. Parallèlement, des actions sont mises en œuvre vers tous les types de publics : scolaires, professionnels, grand public.

Aperçu des actions d’information et sensibilisation :
– Exercices de simulation en milieu scolaire
– Actions au Centre de Préparation au Risque Sismique (CPRS) de Pointe-à-Pitre
(simulateur de séismes)
– Lancement d’un bulletin TV mensuel d’information sur les risques sismiques et volcaniques
– Diffusion de spot TV
– Représentation d’une pièce de théâtre sur la prévention du risque sismique
– Le site Mi Seism’Antilles permet d’avoir une idée de la capacité de résistance de sa maison en cas de séisme majeur (autoévaluation).
– Campagnes d’affichage (lieux publics, abribus, bus full covering)
– Parutions dans la presse généraliste et spécialisée
– Diffusion de supports de sensibilisation (guides et affiches établissements scolaires, brochures, calendriers magnet, portes-clés/sifflets/lampes …)

Aperçu des actions de formation :
– Formation à la prévention du risque sismique et sensibilisation aux 1ers secours à destination des mairies
– Formation des concepteurs (architectes et ingénieurs) aux nouvelles règles
parasismiques
– Formation des chefs de chantier et conducteurs de travaux
– Formation des artisans
– Formations aux 1ers secours

Dossier de presse 2011 de la semaine SISMIK : http://www.planseisme.fr/IMG/pdf/sismik_2011_dossier_presse.pdf

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Le logement social Antillais développe des stratégies de résilience face au risque sismique

La Guadeloupe et plus globalement les Antilles sont soumises à l’aléa sismique. Quant au risque sismique, il n’existe que là où existent des enjeux économiques et humains. Les séismes ont fait au cours des derniers siècles 1 million de victimes. Au 21ème siècle, ce chiffre devrait être multiplié par 10. Près d’1 million de séismes interviennent chaque année, dont 100 000 sont ressentis et 1 000 sont particulièrement destructeurs.

Sur le territoire métropolitain, l’activité sismique est présente et augmente fortement depuis 2003. Pour l’Outre-mer, ce sont les Antilles qui sont les plus exposées (3 000 séismes par an). La zone de convergence de la plaque eurasienne et de la plaque africaine est à l’origine de l’exposition à l’aléa sismique sir le territoire métropolitain. Pour l’Outre-mer, c’est la convergence entre la plaque Caraïbes et la plaque des Amériques qui par subduction, génère une activité sismique importante.

En matière de prévention et de gestion de crise concernant le risque sismique, de nombreux dispositifs ont été mis en place par les pouvoirs publics depuis le séisme de 2004 aux Saintes en Guadeloupe. Pour le logement social, qui porte une mission d’intérêt général et joue un rôle structurant en assurant la satisfaction des besoins prioritaires, il s’agit de développer des stratégies de résilience, tant pour préserver les hommes que le patrimoine. C’est une vrai question de développement durable dont les enjeux sont particulièrement lourds : aux Antilles, plus de 180 000 personnes habitent dans du logement social, soit plus de 20% des résidences principales  (total des logements en Guadeloupe : 201 514).

Les organismes de logement social des Antilles ont mis en œuvre un certain nombre d’actions de réduction de la vulnérabilité depuis 2006, fondées sur 7 axes priortaires :

– le diagnostic de la vulnérabilité du patrimoine
– le renforcement systématique du patrimoine qui n’est pas aux normes parasismique EC8.
– L’affichage et l’information des locataires dans les résidences (exposition aux aléas et consignes de sécurité)
– La préparation du personnel par de la formation à la gestion de crise
– La contribution à la formation des locataires en collaborant à la mise en place d’ateliers préventifs avec les habitants, en lien avec la collectivité
– La définition d’un plan de continuité pour le retour à l’activité normale
– L’intégration progressive à la chaîne d’intervention dans les quartiers, par rapprochement avec le dispositif ORSEC et le PCS

D’autre part, il ressort d’une étude menée en 2005 par une équipe de psychosociologue que la population locale reste faiblement sensible au risque de séisme et accepte mal les mesures de prévention. Dans cette enquête, 93 % des personnes interrogées jugent que l’on ne parle pas assez du risque sismique. De plus, l’étude montre que les hommes préfèrent les explications logiques au sujet des séismes alors que les femmes souhaitent des illustrations concrètes pour être informées sur les séismes…incidence du cerceau droit, cerveau gauche, mais en tout état de cause, tous les médias, traditionnels ou numériques devraient considérer ce constat dans leur communication.

Les actions de la Société Anonyme d’HLM de la Guadeloupe,SIKOA

La SIKOA, implantée sur l’ensemble de la Guadeloupe depuis plus de 40 ans, avec 6 700 logements situés principalement près de Point-à-Pitre, a réalisé en 2006 un diagnostic parasismique des résidences, suivi en 2008 par un plan stratégique de patrimoine comportant quelques travaux.

Pour monsieur VERMOREL, directeur du service patrimoine et développement, cette remise aux normes de tous les travaux nécessiterait un investissement de 700 millions d’euros, contre 1 milliard d’euros pour les reconstruire totalement. La problématique parasismique représente un enjeu financier important pour les organismes de logement social contraint par le législateur de renforcer leur parc dans un contexte économique difficile.

En matière d’information, la loi de juillet 2003 fait obligation au bailleur d’informer le locataire – ainsi qu’au vendeur d’informer l’acheteur – sur la zone sismique dans lequel le bâtiment se trouve et sur les précédents évènements sismiques ayant affecté le site concerné. Ainsi, la SIKOA remet à l’ensemble des locataires un état précisant les risques potentiels et affiche dans les halls d’immeubles, des affichettes d’information précisant les consignes en cas de catastrophe naturelle.

Par ailleurs, des formations sur la conduite à observer en cas de séismes ont été dispensées par le SDIS aux locataires et aux collaborateurs de SIKOA. Une cellule de crise pouvant être mobilisée en cas de séisme a été constitué et des procédures d’intervention post-sismique ont été rédigées. Enfin, des task forces ont été mises en place, regroupant des personnes spécialement formées et entraînées pour offrir à l’organisme, dans une zone donnée, l’autonomie dont il a besoin pour gérer les premiers temps de la crise.

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le SAIP dévoilé sur le site du ministère de l’Intérieur

le Ministère de l’Intérieur a mis en ligne sur son site le 21 février une présentation du nouveau système d’alerte et d’information aux populations (SAIP).

Qu’est-ce que le SAIP ? A qui est-il destiné ?

Le SAIP est un ensemble structuré d’outils permettant la diffusion d’un signal ou d’un message par les autorités

La diffusion d’un signal ou d’un message consiste à alerter une population exposée, ou susceptible de l’être, aux conséquences d’un évènement grave et qui doit adopter alors un comportement réflexe de sauvegarde.

Le déclenchement de cette diffusion ainsi que le contenu du message sont réservés à une autorité de police administrative, c’est à dire chargée de la protection générale de la population en lien avec le maintien de l’ordre public et de la défense civile. Sur le terrain, cette compétence est détenue par le maire et le préfet de département.Le SAIP assure une double fonction :

Une fonction d’alerte

En l’entendant, la population doit immédiatement appliquer les mesures de sécurité, dans le cadre d’actions réflexes. Ces consignes doivent l’amener à :

  • se mettre en sécurité (se protéger dans un bâtiment ou évacuer la zone de danger),
  • se tenir informé,
  • éviter de téléphoner (sauf urgence médicale),
  • ne pas aller chercher ses enfants à l’école.

Cette fonction d’alerte doit donc trouver une population sensibilisée, en capacité de réagir de manière pertinente. Tous les citoyens contribuent ainsi à l’efficacité des actions de secours de la sécurité civile.

Une fonction d’information

Elle permet de préciser les consignes de sécurité à suivre en urgence et de donner les indications sur l’évolution de l’évènement.

Quelles sont les principales caractéristiques du SAIP ?

Plusieurs vecteurs d’alerte et d’information

Le SAIP mobilisera plusieurs vecteurs  d’alerte et d’information de la population : des sirènes, des SMS  via la technologie de la diffusion cellulaire (cell-broadcast) qui évite l’engorgement des réseaux – et un service de diffusion de l’alerte à des opérateurs, relayant avec leurs propres moyens ces informations. (notamment panneaux à message variable et radios)

Un logiciel de déclenchement à distance

Une application logicielle intégrant une interface cartographique permettra le déclenchement sécurisé des moyens d’alerte par les  autorités de police administrative à différents échelons :

  • dans les communes, en permettant au maire un déclenchement sur sa juridiction ;
  • dans les départements, à partir du centre opérationnel départemental (COD) du préfet et, sur ordre d’un maire ou du préfet, à partir du centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (CODIS) des sapeurs-pompiers;
  • dans les zones de défense, à partir du centre opérationnel de zone (COZ) de l’état-major interministériel de zone ;
  • sur le territoire national, à partir du centre opérationnel de gestion interministériel des crises (COGIC) du ministère de l’intérieur, des centres de détection et de commandement et du centre national des opérations aériennes (CNOA) de l’armée de l’air.

Une mobilisation de plusieurs réseaux de communication

La transmission de la plupart des signaux d’alerte et d’information vers les moyens de diffusion s’effectuera via un ou plusieurs réseaux de communication.

Le raccordement des moyens d’alerte existants

Les moyens d’alerte existants (sirènes et panneaux à messagerie variable -PMV) seront raccordés et mobilisés lorsqu’ils sont positionnés dans des bassins d’alerte – territoires sur lesquels la survenance d’un seul événement peut conduire à la diffusion d’une alerte aux populations (exemples : zone inondable, zone à proximité d’une usine).

Des nouvelles sirènes sur les zones le nécessitant

Des nouvelles sirènes seront positionnées dans des zones d’alerte dépourvues de moyens.

Un déploiement progressif

La progressivité du déploiement, selon une priorisation nationale des zones d’alerte, définie à l’issue d’un recensement effectué sur le terrain, sur la base de critères communs. (population couverte, densité de population, risque).

Plusieurs phases d’études, d’expérimentation, de contractualisation et de réalisation, ont été menées de 2009 à 2012. Le déploiement du SAIP, lancé dès 2013, est organisé en 3 temps.

  1. Déploiement courant 2013 d’une vague pilote sur 2 départements (Rhône et Bouches-du-Rhône). Suite à son évaluation, 30 départements sont installés et raccordés au SAIP d’ici fin 2013, soit 649 sirènes connectées.
  2. La première vague de déploiement s’étend de 2013 à 2015. Elle couvre les zones d’alertes identifiées comme prioritaires du fait de la nature des risques locaux et/ou de la concentration de population. A terme, ce sont 2 830 sirènes qui seront connectées, dont 987 nouvelles ajoutées au dispositif du réseau national d’alerte existant.
  3. La deuxième vague doit permettre à l’horizon 2017 de couvrir l’ensemble des bassins de risque restant.

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La Croix Rouge accompagne les communes dans leur politique de sécurité civile

La Croix-Rouge française, association de sécurité civile agréée par l’État, dispose de 15 000 bénévoles prêts à intervenir dans l’urgence et de moyens opérationnels, tels les plateformes logistiques prépositionnées en France et un centre opérationnel national de gestion de crise. Forte de ces ressources, l’association veut aider les maires dans la mise en place de leur PCS, notamment en repérant les lieux d’hébergement de secours, en concevant des centres opérationnels avancés, des plateformes logistiques ou encore en organisant l’accueil et le suivi psychologique des sinistrés.
corps reserve urgence
Patrice Dallem, directeur de l’urgence et du secourisme de la Croix-Rouge explique « Nous sommes intervenus dans 822 opérations d’urgence départementales ou nationales depuis 2005, et nous sommes en mesure de répondre immédiatement à toute nouvelle situation d’exception. Mais, ajoute-t-il, n’oubliez pas que la loi de 2004 implique fortement le citoyen en le plaçant au cœur du dispositif de sécurité civile. Le jour J, face à l’urgence, un certain nombre d’entre eux n’auront d’autre choix que de se prendre en charge et ça, ça se prépare ! »

Christophe Talmet, responsable du pôle formation de la direction de l’urgence et du secourisme de la Croix-Rouge française, explique quant à lui comment préparer les habitants en créant notamment ce qu’on appelle une « Réserve Communale de Sécurité », une disposition facultative préconisée par la loi de 2004. « Ce sont des citoyens bénévoles qui ont été sélectionnés et formés au préalable, explique-t-il, pour soutenir le maire lors d’une situation d’exception, mais aussi l’aider à informer la population en amont ou à aider celle-ci à revenir peu à peu à une vie normale après une catastrophe. » Des bénévoles qui peuvent, le cas échéant, être encadrés par le personnel de la Croix-Rouge. « Outre le fait de former la population à la culture du risque, le jour J, cette « réserve » peut se révéler précieuse, notamment si la crise frappe un territoire assez vaste, car l’élu n’aura pas forcément assez de pompiers à sa disposition ! »

Le département de l’Aube (10) en avance sur ce type de convention

La Ville de Troyes et la Croix-Rouge de l’Aube ont signé en décembre 2011, une convention relative à l’assistance en cas de risque majeur. C’est dans le cadre du plan communal de sauvegarde (PCS) de Troyes, opérationnel depuis février 2010, que cette convention a été signée.

Le partenariat entre la municipalité de Troyes et la Croix-Rouge prévoit l’intervention de la Croix-Rouge française pour des missions de sécurité civile, des opérations de secours, d’aide et d’assistance aux sinistrés en cas d’accident ou de catastrophe sur le territoire troyen. Par ailleurs, en cas d’alerte urgente, l’organisme est en mesure de mettre en place un protocole d’actions.

Les moyens mobilisés

Après la survenue d’une catastrophe, deux dispositifs sont prévus par la convention :
1) l’organisation d’un centre d’accueil des témoins ou sinistrés qui permet de prendre en charge jusqu’à 1 000 personnes.
2) l’organisation d’un centre d’hébergement d’urgence pour accueillir les victimes et leur famille.

corps reserve crois rouge

La Croix-Rouge de l’Aube dispose des moyens indispensables pour mettre en œuvre de tels dispositifs. Elle peut mobiliser à tout moment 80 secouristes, 200 bénévoles, mettre sur le terrain 16 véhicules, monter deux tentes gonflables de 40 m, et utiliser 17 appareils radio sur sa fréquence nationale. Elle dispose encore d’un stock de vêtements permettant d’habiller plusieurs centaines de personnes.

corps reserve
Formation continue des bénévoles

D’autre part, elle propose régulièrement aux nombreux bénévoles une formation civique sur les méthodes pour donner l’alerte, l’initiation aux premiers secours, l’utilisation d’un défibrillateur, l’initiation à la situation d’exception, la connaissance des plans d’urgence en cas de catastrophe ferroviaire, ou maritime, d’accident de la route en série, ou de nécessité de décontamination.

Dans le Grand Est, l’Aube est particulièrement en avance sur ce type de convention d’assistance, puisque Saint-Julien-les-Villas, Buchères et Romilly-sur-Seine l’ont signée avant Troyes.

Visiter le blog des Corps de Réserve de l’Urgence (CRU)

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