Estuaire de la Gironde : la protection contre les débordements fait polémique

Sur l’estuaire de la Gironde, 14 sites sont jugées vulnérables aux inondations et les dernières inondations de 2010 sont venues rappelées l’absolue nécessité et l’urgence à ériger une protection contre les débordements. Ces zones sont particulièrement vulnérables lors des événements fluvio-maritimes où crues des rivières et fortes marées voire tempêtes se confrontent.

Fluvio_maritimeA Labarde, petite commune de 633 habitants rattachée à la Communauté de Communes Médoc Estuaire, les riverains de la Gironde attendent des solutions depuis la tempête de 1999 susceptibles de protéger 90 maisons d’un lotissement. Les inondations de 2010 les ont convaincus de l’absolue nécessité et de l’urgence à ériger une protection.

Le Syndicat mixte pour le développement durable de l’estuaire de la Gironde (Smiddest) propose d’élever une ceinture de 1,30 m de hauteur, mur de béton et digue de terre situé pour les plus proches, à moins de 6 m des habitations, le tout d’un linéaire de 800 mètres environ. Quant au coût de l’ouvrage il est de 650 000 euros financés à 40 % par l’État, le reste à la charge de la commune ; même en obtenant des subventions c’est une charge bien trop importante au regard de son budget d’investissement 2015 qui est de 117 000 euros.

Réunis la semaine dernière autour de leur Maire et de celui de la commune voisine, Macau, la soixantaine de riverains présents estiment inadapté Ce projet de digue destiné à les protéger des inondations. Pour une habitant de Labarde « C’est une folie, si l’eau passe par-dessus l’ouvrage elle ne pourra plus s’évacuer, nos biens seront détruits et nous serons noyés ! ».

C’est le sentiment de l’ensemble de la population. Pour eux et pour leurs élus, une solution : la construction d’une digue au port d’Issan-Cantenac. Les plans existent, et des entreprises privées (Château Margaux entre autres) sont prêtes à participer au financement ; parmi les participants à la réunion, un entrepreneur qui a travaillé sur toutes les digues de l’estuaire jusqu’à Bordeaux cautionne cette solution.

Pour le représentant du Smiddest, arc-bouté sur sa position : « Pas possible, des communes ne veulent pas de cette solution » mais il ne veut pas dire lesquelles, c’est un secret ; quant aux communes directement concernées, Labarde et Macau, on ne leur a rien demandé. Puis poussé dans ses retranchements, à bout d’argument il lâche : « Il n’y aura jamais de digue à Issan ». Tollé général dans la salle, la présidente du Syndicat des bassins-versants enfile sa veste et quitte la réunion. Le maire de Labarde calme l’assemblée et conclut : « On a le choix de refuser, mais si on ne s’inscrit pas dans le Programme d’action de prévention contre les inondations (Papi) on n’a aucune certitude d’aboutir et nous n’aurons rien avant six ans. Quand peut-on espérer une étude sur la digue d’Issan ? »

C’est reparti, mais peut-être pas à zéro, les maires de Labarde et de Macau vont demander audience au nouveau préfet pour l’alerter sur la situation de leurs administrés et les solutions qui existent. Celle qu’ils vont mettre en avant, la moins onéreuse, la plus simple, la plus rapidement réalisable est la digue d’Issan. Après plus de 15 ans de tergiversations, il est temps que les riverains de l’estuaire puissent dormir tranquille même les soirs de gros coefficients de marées.

Zones-inondables-estuaire-gironde

@suivre avec Louis Le Cor du journal Sud Ouest

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[Cyber-sécurité] Un guide d’autodéfense numérique pour maîtriser son « digital destin »

La transformation numérique des organisations et de la société en générale semble inéluctable et la principale issue à la sortie de crise. Le numérique va transformer profondément tous les domaines d’activités et engendrer une révolution dans les méthodes de travail. Il y a urgence à adopter (accepter) les technologies digitales dans tous les métiers et les processus.

Mais, à force d’inquiéter sur les risques du numérique (ils existent), à force de diaboliser l’Internet (considérant toutefois que nous naviguons dans une mer des Caraïbes au XVIII° siècle) et les outils numériques (comme toute prothèse humaine il faut la contrôler), à force de vouloir légiférer un (rare) espace de liberté…le plus grand risque sera de rater cette 3éme révolution industrielle chère à Jeremy Rifkin.

Alors vous êtes avertis donc doublement fort si on en croit le proverbe…ou vous vous entourez d’une muraille de Chine en élevant des pigeons voyageurs dans la nostalgie des sixties, ou vous mettez votre casque et votre bouclier pour partir à la conquête du cyberespace, prêt à affronter ses risques. Mais ne comptez pas trop sur la Loi de programmation militaire pour vous défendre dans le monde numérique…notre Geek Force One a bien d’autres boulets à surveiller.

Préférez plutôt le « guide d’autodéfense numérique » publié aux éditions Tahin Party (477 pages – 15 euros). Ce bouquin incontournable prend le temps de vous expliquer (même si vous n’êtes pas expert) comment fonctionne un ordinateur, connecté ou pas à Internet, et les risques induits pour votre vie privée.
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Son intérêt principal est sans doute d’avoir dépassé le clivage « logiciels libres versus logiciels propriétaires (privatifs) ». En clair, ce n’est pas parce que vous utilisez du libre que votre vie privée est protégée. Même en suivant tous les conseils énumérés au fil des chapitres, les auteurs notent qu’il est bien improbable que cela soit le cas. Tout au plus, ces bonnes pratiques assureront un niveau acceptable de sécurité. Pour chaque bonne pratique, les auteurs notent les faiblesses et les risques, ce qui permet de ne pas déclencher une forme de croyance mystique de type « puisque des pros me disent que je suis protégé, je le suis… ».

Quatre ans après la parution du premier tome du Guide d’autodéfense numérique, le second tome, dédié aux enjeux liés de l’utilisation des réseaux et d’Internet est enfin terminé. Cet ouvrage vise à présenter l’« absence d’intimité » du monde numérique et propose des méthodes pour ajuster ses pratiques quotidiennes en conséquence. Les deux volumes sont d’ores et déjà disponibles en consultation et en version imprimable.

Tome 1 – Ce premier tome se concentre sur l’utilisation d’un ordinateur « hors connexions » — on pourrait aussi bien dire préalablement à toute connexion. Mais ce sont aussi des connaissances plus générales qui valent que l’ordinateur soit connecté ou non à un réseau.. Les menaces spécifiquement liées à l’usage d’Internet et des réseaux ne sont pas traitées….Télécharger (attention c’est lourd)

Tome 2 — L’objet principal de ce second tome est de permettre à tout un chacun de comprendre quels sont les risques et les limites associés à l’utilisation d’Internet [et] de se donner les moyens de faire des choix éclairés quant à nos usages de l’Internet. Télécharger (attention c’est lourd)

Ces guides sont incontournables pour tous ceux qui veulent maîtriser leur « digital destin », à défaut d’être des « digital natives » et conserver leur libre arbitre même dans un monde surveillé et sécurisé. « Maître de son destin et Capitaine de son âme » ne cessait de rappeler Nelson Mandela. Les choses ne sont ni toutes blanches, ni toutes noires, elles sont surtout de plus en plus complexes et semblent compliquées par manque de connaissances…et l’ignorance engendre les PEURS.

 

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[Santé Publique] Le niveau de pollution de l’air quasi en temps réel grâce au data science

Sans air, pas de vie…mais faut-il encore que cet air ne soit pas dangereux pour sa santé. Selon l’Organisation mondiale de la santé, la pollution de atmosphérique provoque 7 millions de décès prématurés dans le monde. En France, la pollution serait la cause de 42 000 morts par an et coûterait chaque année à la collectivité près de 1 000 euros par habitant. Au même titre que les inondations, les tempêtes, les canicules,…, la pollution est donc à considérer comme un risque majeur face auquel le citoyen doit se prémunir, et faute de pouvoir respirer un air sain (c’est pourtant un droit), la collectivité à le devoir de l’informer sur la qualité de l’air qu’il respire.

Jusqu’alors, le citoyen connaissait la qualité de l’air dans lequel il baigne grâce aux relevés et observations réalisés par les réseaux de surveillance – AASQA qui émettent quotidiennement des bulletins « météo » de l’air. Une information fort utile mais à postériori et sur un espace géographique très large.

Avec la science des données qui voit ses recherches s’accélérer grâce à l’Open Data et au Big Data, il est possible maintenant de prédire le niveau de pollution dans les heures qui suivent…telle est la finalité de la plateforme « Plume Air Report ». Ainsi, avec un meilleur accès à l’information, nous pourrons mieux nous protéger contre la pollution et mieux vivre en ville, en attendant 2030, période où soit disant, plus aucun véhicule et mode de chauffage n’émettront de polluants.

Présentation de l’innovation

(L’Atelier) Plume Labs se présente comme « une technologie qui permet de savoir exactement ce qu’on respire ». Dans un premier temps, dans l’idée de « construire une communauté autour de cette problématique », les internautes de plus de 60 villes à travers le monde dont Paris, New Delhi et Shanghai ont pu accéder au « Plume Air Report », une sorte de météo rapportant heure par heure le niveau de pollution dans ces zones urbaines, couplée à des recommandations sur le moment idéal pour sortir faire son jogging ou emmener ses enfants au parc. Cette plateforme web, bientôt disponible sur support mobile, est le fruit de l’agrégation de données issues d’instituts publics.

Plume Air Report

Mais l’ambition de Plume Labs touche aussi l’Internet des objets. Romain Lacombe martèle que « la pollution change d’instant en instant. Un degré de pollution peut tout à fait différer d’un bout à l’autre d’une même rue ». Ce data scientist au service de l’environnement souhaite donc développer un objet connecté qui permettra de collecter en temps réel, grâce à des capteurs, des données sur la qualité de l’air qui entoure le porteur de cet objet . « Cela se rapproche en quelque sorte du quantified-self. On passera de la mesure de la pollution comme phénomène, à la mesure de la pollution comme expérience ». Ce qui soulève la question de définition de mesure de la pollution. Mesurer la pollution, qu’est ce que cela signifie concrètement ? Romain Lacombe relève qu’il existe quatre principaux agents polluants qui ont un impact sur la santé dont les particules fines et les gaz polluants.

Être en mesure de prédire le niveau de pollution dans les heures qui suivent en se basant sur la science des données, pour une meilleure santé, voilà aussi un des buts de Plume Labs.

Petite relecture pour mieux respirer et s’aérer les neurones

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L’Allemagne face aux grandes catastrophes : l’organisation de la sécurité civile

Dans le cadre d’un prochain petit-déjeuner rencontre le Jeudi 28 Mai 2015, le Haut comité français pour la défense civile recevra M. Albrecht BROEMME, Président du THW, Federal Agency for Technical Relief pour une présentation sur le thème : « L’Allemagne face aux grandes catastrophes : l’organisation de la sécurité civile ».

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Le THW fait partie du ministère fédéral de l’Intérieur. Cette autorité fédérale est présidée depuis mai 2006 par Albrecht Broemme. Ingénieur de formation, il était auparavant le chef des pompiers de Berlin. Le siège de l’administration et la gestion du THW est à Bonn-Lengsdorf.

Jean-René Lecerf, Président du Haut comité français pour la défense civile, Sénateur du Nord. vous accueillera à cette occasion dans les salons du restaurant du Sénat de 8h30 à 10h00 (accès : Palais du Luxembourg, entrée par le 15 ter, rue de Vaugirard, Paris VI – accueil des participants ouvert de 8h00 à 8h30).

Inscription : evenement2015@hcfdc.pro
Haut comité français pour la défense civile
59, rue Galilée – 75008 – Paris
Tel : 01 49 52 94 28 – Fax : 01 47 20 75 27
www.hcfdc.org

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