Bretagne : un an après le cycle infernal d’intempéries quelles mesures de prévention ont été déployées

Il y a un an, la Bretagne entrait dans un cycle infernal de tempêtes et de pluies diluviennes à l’origine d’inondations aussi spectaculaires que destructrices. Pour mieux se prémunir contre ce fléau, neuf communes bretonnes très exposées à ce risque ont engagé dernièrement de coûteux travaux ou envisagent de le faire.
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Plus de 300 millions d’euros. C’est le coût estimé des inondations de l’hiver dernier en Bretagne. Heureusement, aucune victime n’est venue alourdir ce bilan déjà catastrophique pour de nombreux habitants de la région. Que faire ? Le problème ne date pas d’hier. Et si l’on en croit le relevé des arrêtés de catastrophe naturelle publiés depuis 1982 au Journal officiel, les inondations de l’hiver dernier ont fait beaucoup moins de dégâts que celles de 1995, 1999 et 2000.

Au cours de ces dix dernières années, de gros investissements ont été réalisés pour tenter de contrôler au mieux le débit des rivières. On peut citer le barrage de Guily-Glaz à Châteaulin (29), où six millions d’euros ont été dépensés, ou celui de Lochrist (56) – plus d’un million d’euros – qui, grâce à un système de clapets, permettent de contrôler le niveau de l’Aulne et du Blavet.

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Hauteur de pluie lors de l’hiver 2013-2014

Malgré ces mesures de prévention coûteuses, ces deux communes de ont été inondées l’hiver dernier, comme en 2000. En effet, d’autres facteurs entrent en ligne de compte : la pluie, les coefficients de marée, le vent et la conjonction de ces éléments peuvent faire exploser tous les schémas.

Les habitants de Morlaix (29) se souviennent de leur dernier réveillon de Noël. Il a suffi de pluies diluviennes pendant quelques heures, sur le sol déjà gorgé du centre-Bretagne, pour que, sans prévenir, les rivières se mettent à déborder, inondant copieusement le centre-ville à marée haute.

Les inondations seraient une fatalité pour la Bretagne ? Il s’agit, en tout cas, de la catastrophe naturelle la plus dévastatrice dans la région, loin devant les tempêtes, l’action des vagues, la neige… et la sécheresse. Le nombre d’arrêtés parle de lui-même : depuis 1982, les deux tiers des déclarations reconnues dans la région concernent les inondations.

Réduire les coûts générés par les sinistres

Il est impossible d’éliminer ce fléau. L’objectif pour les collectivités est d’en réduire le coût… mais pas à n’importe quel prix. Là, chacun sa formule et sa gestion du calendrier.

À court terme : , Redon (35) insiste sur l’amélioration de son système d’information. Morlaix a renouvelé son stock de sacs de sable et réfléchit à un achat massif de bâtardeaux. Pontivy multiplie les clapets pour tenter de mieux contrôler le Blavet. Inzinzac-Lochrist relève ses merlons quand Quimperlé (29), particulièrement touchée l’hiver dernier, répare dans l’urgence et tente de consolider ce qui peut l’être.

Les projets plus ambitieux : Landerneau (29) réfléchit à la construction d’une digue de 70 mètres, en aval. Châteaulin penche vers les retenues sèches pour un coût estimé à sept millions d’euros. Pas donné. Et c’est bien là le problème. Pour réaliser ces projets, les collectivités vont devoir obtenir des financements extérieurs, de l’État notamment. La meilleure solution : faire valider au plus vite leur Programme d’actions de prévention contre les inondations. Ce fameux Papi qui ouvre droit à dotations. Et ensuite engager les grands travaux. Trop tard pour cet hiver…

Lire en détail les actions déployées par ces 9 communes bretonnes :

http://www.letelegramme.fr/static/ftp/infographie/long-format/Inondations-en-Bretagne/Neuf-communes-face-aux-crues.html

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Publié par

Patrice-Louis Laya

Avec plus de 35 ans d'expérience dont 10 ans dans le Groupe BASF, 20 ans dans la sphère IBM (Business Partner, Agent, Architecte solution sécurité), et la création en 2005 d'un Pôle dédié à l'infomédiation sur les problématiques du risque majeur et l'architecture des TIC appliquées aux risques majeurs, Patrice-Louis LAYA a été appelé par le HCFDC pour créer et animer ce blog sur la Résilience et la Sauvegarde des territoires au travers de sa structure dédiée au community management et à la communication digitale e-relation Territoriale. Depuis janvier 2012, Patrice LAYA est auditeur de la Session Nationale Résilience et Sécurité Sociétales. Il a par ailleurs, une formation initiale en agronomie, complétée par une maîtrise d'informatique appliquée à la gestion et un DESS en ingénierie de l'innovation. Dialoguer sur Twitter : @iTerritorial - sur Facebook : http://www.facebook.com/Plan.Communal.Sauvegarde Par mail : espace.territorial@online.fr

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