La pression médiatique de Twitter en situation de crise est-elle légitime ?

A l’heure où les Tweets affolent toutes les cellules de crise des services de l’état et des collectivités, incapables à ce jour de maîtriser cette déferlante d’information et la pression médiatique induite dès qu’un événement majeur se réalise, une étude de l’IPSOS nous éclaire sur les usages et les pratiques du réseau social Twitter par les français. Si l’enquête ne répond pas à l’impact du micro-blogging en situation de crise, elle permet toutefois de relativiser la portée de ce canal de communication.

Le Constat en cette fin 2013

Réalisé auprès de 2029 personnes de 15 ans et plus, cette enquête nous apprend que si Twitter est de plus en plus visible, notamment dans le paysage audiovisuel et médiatique, il n’est utilisé activement que par 5% des Français. De plus, la majorité de ces microblogeurs utilise le réseau de façon « passive », soit pour lire ou pour faire de la veille. Quant aux actifs de ces  textes courts, ils sont moins de 300 000 à twitter quotidiennement (13%) et ne seraient que 17% à être vraiment influents et visibles…l’enquête ne précisant pas si ils sont tous légitimes.

Même si 9 personnes sur 10 en ont entendu parler de ce réseau social, le microblogging est avant tout un véritable état d’esprit qui correspond à un monde ultra-connecté, où l’on partage plus et plus vite, textes, photos, vidéos et même musique.

Potentiel

L’étude émet des conclusions qui vont quelque peu à l’encontre du discours actuel.. D’après les chiffes de l’IPSOS, le potentiel de Twitter est très limité. En cause, l’absence de désir des répondants non inscrits de rejoindre le réseau. 93% des personnes qui n’ont pas de comptes, ne souhaitent pas s’en créer un… Un état de fait surprenant, surtout comparé à la très rapide pénétration de Facebook au sein de la société française.

Le profil des utilisateurs

Au niveau du profils des utilisateurs, les résultats ne surprendront personne… 61% d’entre eux ont moins de 35 ans. Les hommes sont « surreprésentés » (55% des utilisateurs) et les utilisateurs sont principalement urbains. Près d’un tiers d’entre eux se trouve d’ailleurs en Île de France.

Quatre profils types d’utilisateurs ont été définis par AURA MUNDI, le pôle Veille et analyse des médias en ligne de l’Argus de la presse, :

  • Les suiveurs (14%), qui ne font que lire les tweets sans prendre la parole.
  • Les intimistes (36%), qui tweetent mais s’adressent à un public restreint
  • Les chatteurs (31%) , qui cherchent à atteindre un public large sans pour autant tenter d’être influent
  • Les influenceurs (17%), qui cherchent avant tout à devenir le plus visible possible

L’infographie réalisée par l’institut de sondage

info twitter pratiques et usages

 

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Publié par

Patrice-Louis Laya

Avec plus de 35 ans d'expérience dont 10 ans dans le Groupe BASF, 20 ans dans la sphère IBM (Business Partner, Agent, Architecte solution sécurité), et la création en 2005 d'un Pôle dédié à l'infomédiation sur les problématiques du risque majeur et l'architecture des TIC appliquées aux risques majeurs, Patrice-Louis LAYA a été appelé par le HCFDC pour créer et animer ce blog sur la Résilience et la Sauvegarde des territoires au travers de sa structure dédiée au community management et à la communication digitale e-relation Territoriale. Depuis janvier 2012, Patrice LAYA est auditeur de la Session Nationale Résilience et Sécurité Sociétales. Il a par ailleurs, une formation initiale en agronomie, complétée par une maîtrise d'informatique appliquée à la gestion et un DESS en ingénierie de l'innovation. Dialoguer sur Twitter : @iTerritorial - sur Facebook : http://www.facebook.com/Plan.Communal.Sauvegarde Par mail : espace.territorial@online.fr

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