L’alerte précoce aux catastrophes: les technologies

Tout au long de l’histoire, les catastrophes naturelles ont détruit des vies et des moyens de subsistance en tuant des gens et en endommageant des domiciles et des entreprises. Au cours des 35 dernières années, elles ont causé environ 2,5 millions de morts et causé plus de 1,5 milliards de dollars de dégâts, principalement dans les pays en développement. [UNSDR]

L’ampleur des dégâts causés par la réalisation d’un risque (naturel, biologique, sociopolitiques, industriels) dépend non seulement de sa gravité, mais aussi de la capacité des personnes vivant dans les zones à risque à se préparer et à résister aux catastrophes. Pour réduire les risques de catastrophe, on a donc dirigé partiellement les efforts sur le développement de systèmes d’alerte précoce destinés à fournir une information efficace au moment voulu, pour permettre aux gens et aux communautés de répondre à la catastrophe quand elle vient à frapper.

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Les systèmes d’alerte précoce sont un mélange d’outils et de processus intégrés dans des structures institutionnelles, coordonnés par des organismes internationaux et parfois nationaux. Qu’ils soient axés sur un risque particulier ou sur plusieurs risques distincts, ces systèmes comportent quatre éléments :

  1. la connaissance du risque,
  2. un service technique de surveillance et d’alerte,
  3. la diffusion d’alertes significatives aux personnes à risque,
  4. la sensibilisation et la préparation du public à l’action.

Les services d’alerte se trouvent au cœur de ces systèmes, et leur bon fonctionnement dépend de la disponibilité de bases scientifiques fiables pour les prévisions, ainsi que de la capacité à fonctionner 24 heures sur 24.

Les progrès scientifiques et technologiques ont permis des améliorations significatives de qualité, d’opportunité et de délai dans les alertes sur les aléas. Ils ont aussi aidé à améliorer le fonctionnement des réseaux d’observation intégrés. Mais les progrès technologiques à eux seuls ne suffisent pas – et peuvent, dans certains cas, créer des obstacles à la capacité de réponse des populations vulnérables.

Technologies de surveillance et d’alerte

Technologies de prévision et de modélisation
Les systèmes d’alerte précoce de plusieurs pays sont basés sur les prévisions climatiques saisonnières ou interannuelles. Ces systèmes s’appuient sur l’utilisation des données de surveillance, notamment les températures et les précipitations et les modèles climatiques de pointe. Les climatologues analysent les observations et les prévisions basées sur les modèles pour prévoir les anomalies climatiques une ou deux saisons à l’avance.

Applications de la télédétection et des systèmes d’information géographiques (SIG)

Les applications de la télédétection et des SIG ont permis d’améliorer considérablement les systèmes d’alerte précoce sur les famines. Le Centre régional de cartographie des ressources pour le développement (Regional Centre for Mapping of Resources for Development ou RCMRD) utilise les systèmes d’alerte précoce régionaux basés sur la télédétection, employés au service de la sécurité alimentaire pour compléter les initiatives nationales dans les pays d’Afrique de l’Est. Le RCMRD élabore des prévisions sur les récoltes à mi-saison pour émettre des avertissements sur la sécurité alimentaire avant la fin de la saison. Quant à la surveillance des inondations, elle est renforcée par la télédétection, qui fournit des informations sur la qualité du sol, des ressources en eau, des établissements humains, des zones cultivées et des forêts.

Technologies de communication par satellite
Les améliorations de la communication par satellite ont permis de réduire le retard entre la collecte des données et l’émission de l’alerte. Par exemple, le Système d’alerte aux tsunamis dans le Pacifique comprend un enregistreur placé au fond de la mer, qui transmet les données sur les anomalies à une bouée en surface. Ces données sont ensuite transmises par satellite toutes les 15 secondes aux stations sur la terre ferme.

Téléphonie mobile
En parallèle à la vulgarisation des téléphones et des réseaux mobiles dans le monde, la technologie est de plus en plus utilisée dans la transmission des alertes et la coordination des activités de préparation – surtout avec les alertes par textos pour diffuser des messages à grande échelle. Par exemple, dès que sont détectées les ondes P qui précèdent les séismes, les agences japonaises envoient des textos à tous les numéros de téléphone mobile enregistrés dans le pays. Cette technologie peut cependant faire face à quelques difficultés –notamment si les pylônes de la téléphonie sont détruits par un séisme ou que les réseaux sont surchargés en cas d’aléas.

Les TIC pour l’externalisation ouverte (crowdsourcing)
L’utilisation des données obtenues par externalisation ouverte s’impose de plus en plus grâce à la connectivité croissante à Internet et l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) comme les téléphones mobiles. L’externalisation ouverte a été abondamment utilisée pour répondre au séisme de 2010 à Haïti, ce qui a permis aux populations locales, aux spécialistes de la cartographie et à d’autres acteurs de communiquer sur ce qu’ils voyaient et entendaient sur le terrain, et de produire des données pouvant être exploitées par les travailleurs humanitaires. Elle s’est avérée particulièrement utile pour localiser des survivants qui avaient besoin d’aide. Le rôle que peut jouer en amont des catastrophes l’externalisation ouverte est aussi de plus en plus reconnu –notamment l’identification des risques et l’alerte précoce.

Cartographie de crise
Grâce à des initiatives comme Ushahidi et grâce au site Google Crisis Response, la cartographie de crise recourt à l’externalisation ouverte et aux images satellitaires, notamment aux cartes participatives et aux modèles statistiques, pour promouvoir une alerte précoce plus éclairée et plus efficace. Elle peut offrir des données en temps réel sur une crise à venir dans les moments d’incertitude et de confusion. Les énormes quantités de données qui peuvent être produites par ces systèmes peuvent être analysées à travers les réseaux d’intervenants (comme Crisis Mappers).

Extrait d’un Dossier sur améliorer l’alerte rapide aux catastrophes de Lucy Pearson, coordinatrice au Centre asiatique de préparation aux catastrophes.

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Publié par

Patrice-Louis Laya

Avec plus de 35 ans d'expérience dont 10 ans dans le Groupe BASF, 20 ans dans la sphère IBM (Business Partner, Agent, Architecte solution sécurité), et la création en 2005 d'un Pôle dédié à l'infomédiation sur les problématiques du risque majeur et l'architecture des TIC appliquées aux risques majeurs, Patrice-Louis LAYA a été appelé par le HCFDC pour créer et animer ce blog sur la Résilience et la Sauvegarde des territoires au travers de sa structure dédiée au community management et à la communication digitale e-relation Territoriale. Depuis janvier 2012, Patrice LAYA est auditeur de la Session Nationale Résilience et Sécurité Sociétales. Il a par ailleurs, une formation initiale en agronomie, complétée par une maîtrise d'informatique appliquée à la gestion et un DESS en ingénierie de l'innovation. Dialoguer sur Twitter : @iTerritorial - sur Facebook : http://www.facebook.com/Plan.Communal.Sauvegarde Par mail : espace.territorial@online.fr

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