le SAIP dévoilé sur le site du ministère de l’Intérieur

le Ministère de l’Intérieur a mis en ligne sur son site le 21 février une présentation du nouveau système d’alerte et d’information aux populations (SAIP).

Qu’est-ce que le SAIP ? A qui est-il destiné ?

Le SAIP est un ensemble structuré d’outils permettant la diffusion d’un signal ou d’un message par les autorités

La diffusion d’un signal ou d’un message consiste à alerter une population exposée, ou susceptible de l’être, aux conséquences d’un évènement grave et qui doit adopter alors un comportement réflexe de sauvegarde.

Le déclenchement de cette diffusion ainsi que le contenu du message sont réservés à une autorité de police administrative, c’est à dire chargée de la protection générale de la population en lien avec le maintien de l’ordre public et de la défense civile. Sur le terrain, cette compétence est détenue par le maire et le préfet de département.Le SAIP assure une double fonction :

Une fonction d’alerte

En l’entendant, la population doit immédiatement appliquer les mesures de sécurité, dans le cadre d’actions réflexes. Ces consignes doivent l’amener à :

  • se mettre en sécurité (se protéger dans un bâtiment ou évacuer la zone de danger),
  • se tenir informé,
  • éviter de téléphoner (sauf urgence médicale),
  • ne pas aller chercher ses enfants à l’école.

Cette fonction d’alerte doit donc trouver une population sensibilisée, en capacité de réagir de manière pertinente. Tous les citoyens contribuent ainsi à l’efficacité des actions de secours de la sécurité civile.

Une fonction d’information

Elle permet de préciser les consignes de sécurité à suivre en urgence et de donner les indications sur l’évolution de l’évènement.

Quelles sont les principales caractéristiques du SAIP ?

Plusieurs vecteurs d’alerte et d’information

Le SAIP mobilisera plusieurs vecteurs  d’alerte et d’information de la population : des sirènes, des SMS  via la technologie de la diffusion cellulaire (cell-broadcast) qui évite l’engorgement des réseaux – et un service de diffusion de l’alerte à des opérateurs, relayant avec leurs propres moyens ces informations. (notamment panneaux à message variable et radios)

Un logiciel de déclenchement à distance

Une application logicielle intégrant une interface cartographique permettra le déclenchement sécurisé des moyens d’alerte par les  autorités de police administrative à différents échelons :

  • dans les communes, en permettant au maire un déclenchement sur sa juridiction ;
  • dans les départements, à partir du centre opérationnel départemental (COD) du préfet et, sur ordre d’un maire ou du préfet, à partir du centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (CODIS) des sapeurs-pompiers;
  • dans les zones de défense, à partir du centre opérationnel de zone (COZ) de l’état-major interministériel de zone ;
  • sur le territoire national, à partir du centre opérationnel de gestion interministériel des crises (COGIC) du ministère de l’intérieur, des centres de détection et de commandement et du centre national des opérations aériennes (CNOA) de l’armée de l’air.

Une mobilisation de plusieurs réseaux de communication

La transmission de la plupart des signaux d’alerte et d’information vers les moyens de diffusion s’effectuera via un ou plusieurs réseaux de communication.

Le raccordement des moyens d’alerte existants

Les moyens d’alerte existants (sirènes et panneaux à messagerie variable -PMV) seront raccordés et mobilisés lorsqu’ils sont positionnés dans des bassins d’alerte – territoires sur lesquels la survenance d’un seul événement peut conduire à la diffusion d’une alerte aux populations (exemples : zone inondable, zone à proximité d’une usine).

Des nouvelles sirènes sur les zones le nécessitant

Des nouvelles sirènes seront positionnées dans des zones d’alerte dépourvues de moyens.

Un déploiement progressif

La progressivité du déploiement, selon une priorisation nationale des zones d’alerte, définie à l’issue d’un recensement effectué sur le terrain, sur la base de critères communs. (population couverte, densité de population, risque).

Plusieurs phases d’études, d’expérimentation, de contractualisation et de réalisation, ont été menées de 2009 à 2012. Le déploiement du SAIP, lancé dès 2013, est organisé en 3 temps.

  1. Déploiement courant 2013 d’une vague pilote sur 2 départements (Rhône et Bouches-du-Rhône). Suite à son évaluation, 30 départements sont installés et raccordés au SAIP d’ici fin 2013, soit 649 sirènes connectées.
  2. La première vague de déploiement s’étend de 2013 à 2015. Elle couvre les zones d’alertes identifiées comme prioritaires du fait de la nature des risques locaux et/ou de la concentration de population. A terme, ce sont 2 830 sirènes qui seront connectées, dont 987 nouvelles ajoutées au dispositif du réseau national d’alerte existant.
  3. La deuxième vague doit permettre à l’horizon 2017 de couvrir l’ensemble des bassins de risque restant.

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Publié par

Patrice-Louis Laya

Avec plus de 35 ans d'expérience dont 10 ans dans le Groupe BASF, 20 ans dans la sphère IBM (Business Partner, Agent, Architecte solution sécurité), et la création en 2005 d'un Pôle dédié à l'infomédiation sur les problématiques du risque majeur et l'architecture des TIC appliquées aux risques majeurs, Patrice-Louis LAYA a été appelé par le HCFDC pour créer et animer ce blog sur la Résilience et la Sauvegarde des territoires au travers de sa structure dédiée au community management et à la communication digitale e-relation Territoriale. Depuis janvier 2012, Patrice LAYA est auditeur de la Session Nationale Résilience et Sécurité Sociétales. Il a par ailleurs, une formation initiale en agronomie, complétée par une maîtrise d'informatique appliquée à la gestion et un DESS en ingénierie de l'innovation. Dialoguer sur Twitter : @iTerritorial - sur Facebook : http://www.facebook.com/Plan.Communal.Sauvegarde Par mail : espace.territorial@online.fr

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