Prévention des inondations à Nîmes : une conduite souterraine pouvant absorber un débit de 120 mètres-cube/seconde

D’un gabarit impressionnant (3 km de longueur, 3,75 m de hauteur et 5,50 m de largeur), cette conduite souterraine pouvant absorber un débit de 120 mètres-cube/seconde, constitue l’un des équipements majeurs du plan de protection des inondations de l’agglomération de Nîmes, mis en place en 1990. Au lendemain des tragiques crues bi-centennales de 1998 qui avaient causé la mort de 9 personnes et occasionné des dégâts considérables. Le cadereau Pompidou, prolongé, entre le boulevard Allende et le cimetière protestant, par 3 kms de canalisation à ciel ouvert (20 M€), a exigé à lui seul une dépense de 40 M€, assumée par la ville de Nîmes (50 %), l’Etat (25 %), le conseil régional LR (10 %) et Nîmes-Métropole (15 %), sachant que le conseil général du Gard n’intervient pas dans les zones urbaines denses. Les travaux qui ont débuté en juillet 2011 seront inaugurés au printemps prochain.

Nimes_buses
Deux énormes buses , côte à côte, permettant de faire passer la capacité d’absorption de ces conduits souterrains de 25 mètres- cube -seconde à 120 mètres- cube- seconde !!!

Ce programme d’un montant  de 125 M€ est prévu pour atténuer d’environ 40 %, les effets dévastateurs d’une inondation type 2005. Il sera complété par le programme pluriannuel 2014-2020 (investissement quasi identique), intégrant le cadereau de la route d’Uzès, destiné à protéger le secteur est de la ville, puis le creusement, au lieu-dit les Antiquailles, d’une retenue d’eau d’une capacité de 1,8 million de mètres-cubes. Soit, peu ou prou, le doublement des capacités jusqu’alors offertes par les 22 bassins de rétention aménagées sur les bassins versants. A noter également la retenue d’eau de la carrière de Caveirac, d’une capacité de 1,5 million de mètres cubes.

nimes_inondations
Nîmes : Des torrents de boue dévalaient les rues

Lors d’une visite de chantier, le vendredi 16 novembre, sous la conduite de Jean-Marie Filippi, maire-adjoint de Nîmes en charge de la protection contre les inondations et de Vincent Altier, responsable du service pluvial, la députée Françoise Dumas avait encore en mémoire la tragédie de 1988 où des milliers de personnes âgées avaient vu tous leurs souvenirs (documents, papiers d’identité, archives, photos…) engloutis dans un torrent impétueux. Elle rappelait qu’en quelques heures, avec un débit équivalent à celui de la Seine, ce ne sont pas moins de 14 millions de mètres-cubes d’eau qui s’étaient répandus en centre-ville.

Les cadereaux de la ville de Nîmes.

Les cadereaux sont des ruisseaux ou torrents généralement à sec, drainant l’eau des garrigues environnantes et sillonnant la ville de Nîmes.

En cas de fortes pluies, ils s’écoulent à travers la ville.

Pour mémoire, les crues du Rhône ont une vitesse de 2 m/s environ les crues du Gardon ont une vitesse de 3 m/s environ et les crues du cadereau d’Uzès ont une vitesse de 5 à 7 m/s environ.

Le cadereau d’Uzès est le plus rapide des cadereaux Nîmois, en partie à cause des fortes pentes du relief sur la partie supérieure de son bassin. Le Serre de Garde-Monnier – « le toit de Nîmes » – culmine à la cote 214, à la limite Nord-Ouest du bassin versant du cadereau d’Uzès et du cadereau de Font-Chapelle.

Depuis la ligne de crête des collines au droit du camp bâti des garrigues jusqu’au carrefour des Trois Ponts, qui constitue l’entrée dans la zone urbaine de la ville, il y a 3 km. Les crues de ce cadereau parcourent cette distance en un temps record, c’est-à-dire 7 ou 8,5, ou 10 minutes, ce qui correspond à des vitesses de 25,7 ou 21,1, ou 18 km/h. C’est donc très rapide !

Nîmes à la confluence de bassins versants

Nîmes s’est développée au pied de petits bassins versants qui, lors de fortes pluies, concentrent vers la ville les eaux de ruissellement en provenance d’un plateau calcaire – les garrigues – qui domine la ville d’une centaine de mètres.

Ainsi, voit-on occasionnellement gonfler des cours d’eau temporaires – les cadereaux – n’ayant qu’entre 4 et 12 km de longueur.

Deux d’entre eux, le cadereau d’Alès-Camplanier et celui de la Route d’Uzès, convergent directement vers le centre historique de la ville. Les superficies de leurs bassins versants sont respectivement de 29 et 14 km².

Share Button

Publié par

Patrice-Louis Laya

Avec plus de 35 ans d'expérience dont 10 ans dans le Groupe BASF, 20 ans dans la sphère IBM (Business Partner, Agent, Architecte solution sécurité), et la création en 2005 d'un Pôle dédié à l'infomédiation sur les problématiques du risque majeur et l'architecture des TIC appliquées aux risques majeurs, Patrice-Louis LAYA a été appelé par le HCFDC pour créer et animer ce blog sur la Résilience et la Sauvegarde des territoires au travers de sa structure dédiée au community management et à la communication digitale e-relation Territoriale. Depuis janvier 2012, Patrice LAYA est auditeur de la Session Nationale Résilience et Sécurité Sociétales. Il a par ailleurs, une formation initiale en agronomie, complétée par une maîtrise d'informatique appliquée à la gestion et un DESS en ingénierie de l'innovation. Dialoguer sur Twitter : @iTerritorial - sur Facebook : http://www.facebook.com/Plan.Communal.Sauvegarde Par mail : espace.territorial@online.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*