Réserve Communale de sécurite Civile : partenariat Croix Rouge & commune

Le Président de la Croix Rouge de Vanves (92), Julien Gallois, nous fait part du partenariat développé entre son association et la ville de Vanves pour la mise en place de la Réserve Communale de sécurité.

Question : D’où et comment est venue l’idée de lancer une réserve communale ?

Julien Gallois : La réserve communale fait partie des projets de la Croix Rouge qui souhaite intervenir dans tous les domaines de la sécurité civile et dont l’objectif est de mettre le citoyen au cœur des problématiques de sécurité civile. L’idée est de familiariser les citoyens vanvéens aux risques exceptionnels et savoir y faire face, réagir, et surtout favoriser l’esprit d’entraide pour des gens qui seront capable d’aider les autres. L’idée est de réunir dans des situations d’exception un certain nombre de bénévoles sur lesquels on puisse compter, qui seront disponibles en cas de situation d’exception et sur lesquels on pourra compter.

Q : Quel a été le déclic ?

J.G. : Ce sont des choses sur lesquels nous travaillons depuis 2004, c’est-à-dire tout ce qui tourne autour de la loi de modernisation de sécurité civile qui a changée et a introduit tous ces nouveaux concepts. Ils ont progressé dans l’état d’esprit, et nous avons progressé en terme de réflexion et de maturité. On est capable aujourd’hui de proposer un dispositif qui est efficace et orienté sur notre savoir faire dans ce domaine.

Q : En existe-t-il déjà dans d’autres communes ?

J.G. : « Ce n’est pas encore très développé, mais c’est le cas à Rueil Malmaison. Cela se comprend car tout ce qui est du domaine de la prévention des risques n’est pas dans la culture française. La plupart du temps, nous sommes très réactif, mais pas proactif. Nous travaillons plus sur la réaction à l’événement que la préparation à l’événement. Et ce n’est pas la priorité des municipalités même s’il y a de nombreux dispositifs.

Q : Comment se situera t-elle dans l’organisation des secours ?

J.G. : Elle n’a pas pour objet de se substituer à l’organisation publique des secours. Elle est destinée à être une réserve en complément et d’agir sur des actions périphériques à ce que les secours publics ne font pas d’eux même, parce qu’ils sont focalisés sur l’incident en particulier, leur cœur d’activité. Mais les effets périphériques d’un événement catastrophique ne sont pas traités directement par les secours. Et c’est là que la Réserve communale aura une réelle valeur ajoutée.

Q : Dans quel cas interviendra t-elle ?

J.G. : Si l’on prend l’exemple d’un incendie de grand envergure, touchant beaucoup de personnes, la partie des secours publics sera traitée par les pompiers pour tout ce qui extinction de l’incendie, sauvetage des personnes. Par contre, on sait que lors d’un incendie, d’autres personnes seront touchées parce qu’elles devront quitter leur logement et qu’il faudra accueillir quelque part, le temps que tout soit résolu et que l’incident soit clos, ces personnes impliquées dans une structure, leur proposer un peu de réconfort. Et cela pourra être confié à la Réserve communale. De la même façon sur des périodes caniculaires, vis-à-vis des personnes âgées, sachant qu’il y a de nombreux dispositifs mis en place, où la réserve communale pourrait compléter ses actions et être plus présents vis-à-vis de ces personnes âgées qui sont isolées et nécessitent une attention plus importante lors de ces périodes.

Q : Que ferait-elle en cas d’événement majeur comme une pandémie grippale ?

J.G. : Il n’y a pas vraiment de débouchés précis pour la Réserve Communale dans la mesure où les actions nécessaires sont liées au corps de santé et nécessitent des experts spécialisés. L’idée n’est pas de mobiliser des compétences très spécifiques et très spécialisées. L’idée de base est de favoriser l’état d’esprit d’entraide, filer un coup de main, plutôt que d’apporter une réelle expertise sur un domaine particulier où l’on s’appuie sur des secours bien spécifiques et bien organisés

Q : Comment en faire partie ?

J.G. : Il y a quelques conditions : Etre majeur, juste être capable de se déplacer, être disponible, avoir envie de se tourner vers les autres et aider les gens autour de soi, participer à une formation qui dure une journée dans laquelle nous présentons son organisation, quelques gestes essentiels de premier secours, comment ils se positionneront dans l’ensemble de l’organisation.

Q : Qu’est-ce que cela a donné depuis un an ?

J.G. : Nous avons réalisé une formation l’année dernière qui a été suivie par une dizaine de personnes. Nous avons pu montrer ce qu’était la réserve communale, échanger… Nous avons encore un vivier de quelques bénévoles avec lesquels nous ferons bientôt une seconde session formation durant le premier semestre 2011.

Q : Comment entretenez-vous ensuite ce vivier de bénévoles ?

J.G. : C’est la clef du succès de ce dispositif : réussir à le faire vivre. Une fois la réserve communale clairement structurée, identifiée avec ces bénévoles listés, nous prévoyons de nous rencontrer au moins une fois par an, de manière à mettre à jour certaines connaissances sur certains domaines particuliers de façon à faire vivre cette communauté sur laquelle on peut s’appuyer.

Q : Y a-t-il d’autres initiatives de ce genre lancées par la Croix Rouge ?

J.G. : Au-delà des actions traditionnelles de la Croix Rouge (formation du grand public aux premiers secours, postes de secours aux manifestations locales, actions sociales comme les maraudes), nous menons une sensibilisation sur la prévention des risques et une éducation aux gestes de premiers secours.

Nous faisons ainsi la formation d’une bonne partie des élèves des écoles primaires de Vanves aux gestes de premier secours, sur des formats beaucoup plus raccourcis adaptés à ce type de population. Nous donnons des éléments pédagogiques aux enseignants pour qu’ils soient en mesure eux même de démultiplier la formation aux premiers secours dans les écoles.

Enfin, une autre initiative est lancée qui va être amené à être prioritaire dans les prochaines années : l’autoprotection du citoyen qui vise à donner les règles de base sur comment se protéger et réagir face à une situation catastrophique, sur une période courte.

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Publié par

Patrice-Louis Laya

Avec plus de 35 ans d'expérience dont 10 ans dans le Groupe BASF, 20 ans dans la sphère IBM (Business Partner, Agent, Architecte solution sécurité), et la création en 2005 d'un Pôle dédié à l'infomédiation sur les problématiques du risque majeur et l'architecture des TIC appliquées aux risques majeurs, Patrice-Louis LAYA a été appelé par le HCFDC pour créer et animer ce blog sur la Résilience et la Sauvegarde des territoires au travers de sa structure dédiée au community management et à la communication digitale e-relation Territoriale. Depuis janvier 2012, Patrice LAYA est auditeur de la Session Nationale Résilience et Sécurité Sociétales. Il a par ailleurs, une formation initiale en agronomie, complétée par une maîtrise d'informatique appliquée à la gestion et un DESS en ingénierie de l'innovation. Dialoguer sur Twitter : @iTerritorial - sur Facebook : http://www.facebook.com/Plan.Communal.Sauvegarde Par mail : espace.territorial@online.fr

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