Risque d’inondation de la Seine en Île-de-France : l’OCDE donne des directives

Le Vendredi 24 janvier 2014, Jean Daubigny, préfet de Paris et de la Région Île-de-France, coordonnateur de bassin Seine-Normandie, a présenté les conclusions de l’étude de l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE) sur la politique de prévention du risque d’inondation de la Seine en Île-de-France.

OCDEUne étude nécessaire pour aider les acteurs concernés

Cofinancée à 40% par l’Etat, 40% par la Région Île-de-France et 20% par l’EPTB Seine Grands Lacs, cette étude réactualise celle réalisée en 1998 par l’EPTB mais qui n’avait pu aborder l’intégralité des conséquences des inondations, à savoir la vulnérabilité des réseaux franciliens comme les fragilités électriques, ou encore les impacts macro-économiques. Elle complète aussi, le rapport publié en décembre 2013 par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) qui notifiait que plus de 430.000 logements d’Ile-de-France seraient menacés en cas de grande crue semblable à celle de 1910. Dans le scénario le plus noir de l’OCDE, 5 millions de Franciliens seraient affectés (inondation, coupures d’électricité, d’eau, du réseau de télécommunication, de la circulation, des transports en commun…)

L’impact économique de la «crue du siècle» sur le PIB compris entre 0,1 et 3%

Le diagnostic estime le coût exorbitant d’une grande crue hivernale de la Seine et de ses principaux affluents , tant en matière de dommages (estimés de 3 à 30 milliards d’euros en fonction des scénarios) que de réduction d’activité pour les entreprises qui pourraient se traduire par une baisse de main d’œuvre de près de 400 000 emplois. L’OCDE estime d’autre part que les entreprises seraient insuffisamment préparées. Comme les services publics, des sociétés comme la RATP ou la SNCF ont mis en place des plans de continuité d’activité en cas d’inondation, mais la démarche reste limitée. L’enjeu est pourtant de taille, l’Ile-de-France concentrant un tiers de l’activité économique du pays.

Comment anticiper ce risque et cette crise majeure?

En première urgence, l’OCDE préconise de mettre en place une gouvernance efficace qui pointe la multitude d’acteurs – les ministères de l’Intérieur et de l’Ecologie, l’Agence de l’Eau, les collectivités locales, chacun ayant tendance à faire valoir leurs visions et intérêts spécifiques plutôt que de soutenir les objectifs d’ensemble.

L’État attentif aux recommandations de l’OCDE pour enrichir les démarches de prévention en cours

L’analyse conduite par l’OCDE permet ainsi d’identifier les leviers d’action sur lesquels l’Etat devra s’attacher,  à savoir :

  • Le développement de la culture du risque , qui doit progresser ;
  • La capacité des réseaux critiques à surmonter rapidement les conséquences de
  • l’inondation avec un retour à la normal, qui conditionne celle de l’ensemble de
  • l’agglomération et les délais de retour à la normale ;
  • La réduction de la vulnérabilité des entreprises , qui représente un facteur important de coût lié à la crue, à destination tout particulièrement des PME ;
  • Une meilleure prise en compte du risque dans les projets d’aménagement , en profitant des opérations de renouvellement urbain d’envergure en cours.

Conscient de la vulnérabilité croissante du territoire francilien à l’inondation, l’État a d’ailleurs incité les opérateurs de réseaux critiques (énergie, eau, assainissement, déchets, transport, télécoms…), dont les coupures toucheront nécessairement les zones non inondées, à conduire des démarches d’évaluation de leur vulnérabilité, à mettre en place des plans de continuité d’activité et à renforcer progressivement leur résilience.

Une stratégie locale partagée de gestion des risques à l’échelle du territoire francilien

Cartes zones inondables IDFDans le cadre de la mise en œuvre de la directive européenne du 23 octobre 2007 relative à l’évaluation et à la gestion des risques d’inondation, l’État a décidé de renforcer la coordination des acteurs du territoire en pilotant l’élaboration d’une stratégie locale partagée de gestion des risques à l’échelle du territoire francilien qui verra le jour d’ici 2015.

Ces travaux ont été lancés lors d’un comité stratégique qui s’est réuni le 15 janvier 2014 sous la présidence de Jean Daubigny, préfet de la région d’Île-de-France, préfet de Paris, et de Bernard Boucault, préfet de Police de Paris, préfet de la zone de défense et de sécurité de Paris. Ce comité stratégique est le premier maillon d’une nouvelle gouvernance mise en place pour la gestion du risque d’inondation au sein du territoire francilien, qui s’appuie par ailleurs sur la mise en place de trois comités territoriaux, permettant d’associer les collectivités locales à toutes les échelles.

Pour en savoir plus : www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr

 

Share Button

Publié par

Patrice-Louis Laya

Avec plus de 35 ans d'expérience dont 10 ans dans le Groupe BASF, 20 ans dans la sphère IBM (Business Partner, Agent, Architecte solution sécurité), et la création en 2005 d'un Pôle dédié à l'infomédiation sur les problématiques du risque majeur et l'architecture des TIC appliquées aux risques majeurs, Patrice-Louis LAYA a été appelé par le HCFDC pour créer et animer ce blog sur la Résilience et la Sauvegarde des territoires au travers de sa structure dédiée au community management et à la communication digitale e-relation Territoriale. Depuis janvier 2012, Patrice LAYA est auditeur de la Session Nationale Résilience et Sécurité Sociétales. Il a par ailleurs, une formation initiale en agronomie, complétée par une maîtrise d'informatique appliquée à la gestion et un DESS en ingénierie de l'innovation. Dialoguer sur Twitter : @iTerritorial - sur Facebook : http://www.facebook.com/Plan.Communal.Sauvegarde Par mail : espace.territorial@online.fr

Une réflexion sur « Risque d’inondation de la Seine en Île-de-France : l’OCDE donne des directives »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*