PCS dans les Yvelines : un coup d’accélérateur grâce au SIDPC

Comme sur l’ensemble du territoire national, les PCS peinent à s’inscrire dans la politique de sécurité civile des communes des Yvelines. Selon les derniers chiffres du SIDPC de la Préfecture des Yvelines, 22 plans communaux de sauvegarde sont établis dans les communes soumises à obligation qui sont 84 à être concernées soit par un PPr ou un PPI. Ce taux de réalisation de 25% relativement faible n’en reste pas moins supérieur à la moyenne nationale au 30/06/2011 qui serait de 13%. Trois communes qui n’ont quant à elle aucune obligation, se sont dotées de cet outil de gestion de crise.
communes inondables dans les Yvelines
Afin d’accélérer la mise en oeuvre des PCS, l’association des maires des Yvelines a organisé dans le cadre de leurs universités annuelles qui viennent de se tenir le mardi 27 septembre à Port Marly, une journée sur cette problématique du risque.

Animée par Olivier Fliecx du bureau de l’alerte et de la gestion des crises, la matinée était consacrée au volet juridique du PCS et à sa mise en oeuvre opérationnelle. L’après midi, quant à elle, ouvrait le débat entre les maires et les experts du SIDPC, du HCFDC et du CIG78 sur la gestion intégrée des risques dans la commune.

Le PCS ne motive toujours pas les équipes communales.

Une journée riche d’enseignements qui malheureusement n’aura pas attiré les Elus ; seuls une dizaine de communes étaient présentes. Désintérêt ou charge de travail ! le PCS ne motive toujours pas les équipes communales.

Pourtant, si dans le passé, l’assistance des services de l’Etat était totale en cas d’événement de toute nature et de toute importance, maintenant, énonce Olivier Fliecx : « l’appel aux services publics se fera dans le cadre d’un champ d’application stricte et délimité ».

Aussi, les maires doivent-ils intégrer cette nouvelle organisation des services de secours dans leur politique de sécurité civile et préparer leur commune à traiter bons nombre d’événements. Elles doivent par ailleurs apprendre à collaborer avec les services de l’Etat dans le cadre du Plan Orsec. La loi de modernisation de 2004 vient d’ailleurs légiférer cette organisation en attribuant aux maires des missions de sauvegarde des vies, de limitation des dégâts et de protection de l’environnement. Cette distinction entre le champ d’intervention du plan Orsec et celui du plan communal de sauvegarde reste encore floue, près de 47% des communes ont des difficultés à différencier les objectifs du PCS et ceux des plans de secours de l’Etat.

Alors, comment se préparer efficacement à la survenue d’événements préjudiciables sur sa communes ? Le PCS est une des réponses, puisque les communes n’ont pas attendues le décret de 2005 pour traiter des incidents sur leur territoire. Les maires savent déjà faire de nombreuses choses et leur réactivité face à des imprévus n’est plus à démontrer.

Apprendre à travailler en interdépendance avec les services de l’Etat

Toutefois, comme nous l’avons évoqué plus avant, les communes vont devoir travailler en interdépendance avec les services de l’Etat. Aussi, Préfecture et Commune doivent-elles connaître leur organisation respective…pas toujours évident en ces périodes de restructuration.

Pour Olivier Fliecx, au niveau communal, il faut planifier son organisation, sa réponse aux événements, d’abord en toute humilité mais aussi avec des moyens maîtrisés et en lien avec la taille de la commune. Le maire doit connaître les limites de son organisation, son point de rupture, afin, d’alerter les services préfectoraux dès les premiers indices de perte de contrôle. Aussi, la formalisation d’un PCS permet à l’équipe communale une réponse non improvisée à des risques potentiels et une identification de ses potentialités.

Pendant la crise, le traitement du phénomène, Olivier Fliecx rend obligatoire la main courante afin d’assurer la traçabilité des actions déployées. D’un côte, j’ai mon plan qui me guide dans mes actions, de l’autre, j’ai ma main courante pour noter mes engagements. Une démarche qualité en quelque sorte : « on écrit ce que l’on va faire, on fait ce que l’on a écrit, on écrit ce que l’on a fait. »

PCS : ne pas fabriquer une usine à gaz inexploitable le jour « j »

En conclusion, même s’il peine à entrer dans les stratégies communales, le PCS permet bien souvent de formaliser les savoirs intrinsèques de la commune. Sa réalisation doit se faire pas à pas, sur la base d’éléments connus et maîtrisés. Il ne sert à rien de fabriquer une usine à gaz inexploitable le jour « j ». Mieux vaut un outil simple et efficace dont on connait les limites, qu’un système complexe et normé dont on ne maîtrise pas le contenu aussi exhaustif soit-il.

Enfin, au delà du formalisme et de la règle imposés, humilité, bon sens et pragmatisme doivent sans cesse éclairer vos travaux dans la phase d’élaboration et de planification. La norme ne doit pas être un frein mais un repère à votre réponse qui devra, en tout état de cause, être en adéquation face à l’intrus…un aléa venant perturber votre organisation habituelle et routinière.

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