Guide de sensibilisation à la gestion des inondations par ruissellement pluvial

Le Centre Européen de Prévention du Risque d’Inondation (CEPRI) vient d’éditer un nouveau guide à destination des élus, des aménageurs et des techniciens territoriaux qui traite de la « gestion des inondations par ruissellement pluvial ». Un phénomène encore trop souvent insuffisamment anticipé.

PCS Resilience CEPRI_inondations_ruissellementAlors que le terme d’inondation – 1er risque naturel en France – est souvent associé à un débordement de cours d’eau ou à une submersion marine. Le ruissellement pluvial est un phénomène plus rarement envisagé. Il souffre à ce titre aujourd’hui d’un manque de connaissance et de maîtrise du phénomène. Pourtant, ce type d’événement n’est pas rare, avec près de 75% des communes françaises qui ont connu au moins une fois au cours des 30 dernières années une inondation par ruissellement.

Les inondations par ruissellement restent donc malheureusement courantes. Elles génèrent, de par leur caractère soudain et violent, des millions d’euros de dégâts, des dégradations environnementales et parfois des décès parmi les populations touchées.

Historiquement, malgré des événements marquants faisant émerger dans les années 1990 une prise de conscience de la gravité potentielle du phénomène et une nouvelle politique de gestion des eaux pluviales portée depuis 10 ans, de nombreux obstacles demeurent pour améliorer la situation et l’anticipation de ce phénomène.

Pourtant certaines collectivités ont compris depuis des années que leurs incessantes inondations par ruissellement pouvaient être partiellement réduites ou maîtrisées en adoptant une stratégie globale et transversale de gestion des eaux pluviales et d’aménagement du territoire. Dans ce cadre, l’urbanisme profite des aménités de l’eau apportée par les petites pluies et le service de gestion des risques sait prendre le relai du service d’assainissement en cas de crise de débordement.

Le CEPRI a cherché et compilé des exemples de bonnes pratiques techniques, organisationnelles et règlementaires, afin d’encourager cette dynamique de changement au sein de nos administrations locales.

Ce nouveau guide du CEPRI se propose ainsi d’apporter un support aux élus, aménageurs et techniciens souhaitant en savoir plus sur la problématique des inondations par ruissellement pluvial, leurs stratégies de gestion et les outils à disposition pour préparer les territoires.

Consulter le guide : Guide_Cepri_inondations par ruissellement

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Un guide sur l’évacuation massive des populations

cepri_evacuationLes inondations majeures peuvent nécessiter l’organisation et la mise en œuvre par les pouvoirs publics, d’importantes opérations d’évacuation des populations. Ce fut le cas par exemple à New-York, en octobre 2012, au passage de l’ouragan Sandy, où près de 375 000 habitants durent quitter leurs logements menacés par la submersion, ou encore, en Europe Centrale, en août 2002, où 300 000 personnes évacuèrent les hauts-bassins de l’Elbe et du Danube. La France a également connu de nombreuses inondations ayant nécessité l’organisation d’évacuations, comme ce fut le cas à l’été 2013 dans les départements de l’ouest des Pyrénées, ou en Bretagne au cours de l’hiver dernier. Ces opérations sont néanmoins restées, jusqu’à présent, d’ampleur limitée. La raison principale est que les territoires français concentrant les populations les plus importantes ont été relativement épargnés par des inondations majeures au cours des dernières décennies.

Il est néanmoins indispensable que les territoires accueillant de nombreuses populations en zone inondable se préparent à faire face à des évènements pouvant impacter plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’habitants et nécessiter l’organisation d’évacuations d’ampleur inédite.  C’est en particulier le cas des territoires à risque d’inondation prioritaire (TRI) identifiés comme d’importance nationale (Ile-de-France, agglomérations de Lyon, Strasbourg, Tours, Nantes…), c’est aussi le cas des zones littorales, en raison du fort accroissement attendu des populations, conjugué à l’augmentation prévisible de l’intensité des aléas côtiers, en lien avec les changements climatiques.

Plusieurs Etats de l’Union Européenne ont commencé à se préparer à des évacuations massives tels que les Pays-Bas, où les autorités ont pris conscience que le «tout protection» ne pouvait être l’unique réponse, ou encore le Royaume-Uni, qui a organisé l’exercice «Watermark» en 2011, mobilisant plus de 200 000 participants pendant près d’une semaine, et simulant des inondations d’ampleur nationale affectant 500 000 personnes dans toute l’Angleterre et le Pays-de-Galles. En France, certains territoires ont également entamé un travail de préparation. C’est en particulier le cas en Loire moyenne, où des plans d’évacuation ont été élaborés dans les vals d’Authion, d’Orléans et de Blois. Cette dynamique doit se poursuivre, se diffuser, et amener tous les territoires susceptibles d’être un jour concernés par l’évacuation massive de ses habitants, à se préparer.

Le CEPRI apporte sa contribution aux réflexions actuellement en cours en rassemblant les connaissances et les expériences françaises et étrangères en la matière qu’il restitue, sous une forme pédagogique, dans ce nouveau guide consacré aux évacuations massives des populations. L’objectif de ce document est d’apporter aux acteurs de la préparation à la gestion de crise un éclairage sur les différentes stratégies existantes en matière d’évacuation massive ainsi que des éléments méthodologiques pour la planification.

Consulter le guide : guide evacuation

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Face à la récurrence des inondations, il est urgent d’adapter les comportements à cette menace

Les inondations ne sont pas rares dans le Var, et même sur l’ensemble de la France. En effet, les inondations qui ont touché le département du Var dimanche, sont loin d’être d’exceptionnelles. Rappelez-vous les 15 au 16 juin 2010 autour de Draguignan où, sur un territoire de 40 à 50 km2, il était tombé en 20 heures plus de 300 mm (300 litres d’eau par m2) en moyenne avec une pointe à 400 mm aux Arcs.  La première semaine de novembre 2011, le sud de la France subissait à nouveau de très fortes pluies avec des niveaux de précipitation très souvent supérieurs à 600 mm.  A chaque fois,  ces événements exceptionnels tuent des personnes et engendrent de nombreux dommages.

Si ces événements sont liées à des phénomènes météorologiques intenses donc naturels, de plus en plus fréquents en Méditerranée, les conséquences sont amplifiées par l’aménagement du territoire par l’homme, comme nous l’avons relayé dans notre précédent article sur l’analyse des causes de la catastrophe du 18 & 19 janvier 2014.

Adapter ses comportements au risque récurrent d’inondation

En France, un habitant sur quatre est exposé au risque d’inondation. Pourtant, les Français ont perdu « la mémoire » du risque et redécouvrent à chaque catastrophe la réalité de cet aléa. Aussi, est-il urgent et nécessaire d’adapter les comportements du citoyen à cette menace trop souvent ignorée et oubliée.

allo inondationsPour la directrice du Centre européen de prévention du risque d’inondation (Cepri, Stéphanie Bidault, interviewée par le quotidien Ouest France, « On comprend la surprise des habitants, mais pour les experts du risque inondation, cela n’en est pas une, dans la mesure où ces inondations interviennent sur des territoires connus comme étant inondables. La France est une terre inondable ».

La directrice du Cepri poursuit : « des travaux montrent que, dans les endroits régulièrement inondés, la mémoire du risque est un peu meilleure. Cependant, on note que la perte de mémoire intervient assez rapidement après les événements, ce qui peut se comprendre car c’est une question de survie pour les gens : il est important que les gens oublient pour se reconstruire. Cette mémoire des inondations est donc compliquée à maintenir ».

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Notre rendez-vous du 18 et 19 octobre : « Vivre avec les inondations : de la résistance à la résilience »

Séminaire de restitution « Vivre avec les inondations : de la résistance à la résilience »
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La directive européenne 2007/60/CE relative à l’évaluation et à la gestion des risques d’inondation, et sa transposition en droit français à travers la loi Grenelle 2 sont pour les communautés urbaines l’occasion d’amorcer une nouvelle façon de concevoir les inondations. Il s’agit notamment « de promouvoir l’intégration d’un niveau élevé de protection de l’environnement dans les politiques communautaires en vertu du principe de développement durable ».

L’intégration de la gestion des risques d’inondation dans une stratégie globale de développement durable appelle à reconsidérer l’approche préventive : il n’est plus question de privilégier une logique du « tout protection », mais d’accepter la réalité du risque d’inondation. Alors que « la préoccupation de la vie humaine constitue une tendance forte de nos sociétés développées », concevoir la ville résiliente est devenu incontournable. Appréhender le risque de manière positive, et non plus négative, doit conditionner la façon d’envisager le développement territorial.

Ce constat posé, l’ACUF et le CEPRI (Centre européen de prévention du risque d’inondation) ont proposé de jeter les bases d’une réflexion sur la manière dont les communautés urbaines peuvent aujourd’hui concilier concrètement développement durable et prévention des inondations, et progresser rapidement dans la réduction des conséquences dommageables des inondations.

Ils se sont dans ce but associés à l’IEP de Paris (Sciences Po) pour conduire, dans le cadre d’un projet collectif du Master Stratégies territoriales et urbaines, une étude visant d’une part à élaborer un diagnostic de la gestion du risque d’inondation dans les territoires des communautés urbaines (niveau de prise de conscience, recensement des bonnes pratiques) et, d’autre part, à identifier les leviers à saisir pour impulser une gestion intégrée, globale et résiliente du risque d’inondation.

Cette étude, qui sera diffusé au mois de septembre 2012, fera l’objet d’un séminaire de restitution les 18 et 19 octobre prochain à Dunkerque au Kursaal .

Alors que la première journée sera mise à profit pour débattre des moyens à mettre en place pour atteindre l’objectif de la ville résiliente, la seconde nous mènera en Belgique pour découvrir, sous formes de visites professionnelles, les projets singuliers des villes d’Ypres (création d’un éco-quartier), de Kortemark (aménagement de bassins tampons) et d’Ostende (réserve naturelle servant de réservoir en cas d’inondation) en matière de gestion des risques d’inondation.

Inscription : http://www.pepss.com/gti/0292/GTI_292_DUNKERQUE/64/

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