Litto CMS : plateforme innovante pour améliorer la gestion du littoral du Golfe du Lion

Enjeu majeur pour tous les pays côtiers, la prévention des risques sur le littoral fait l’objet de toutes les attentions. Afin d’optimiser les systèmes d’alerte et la gestion des crises, scientifiques et industriels s’unissent pour développer une plateforme de calcul destinée à mieux prévoir et gérer le risque d’inondation et de submersion sur le pourtour méditerranéen.

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Ces industriels et chercheurs unissent leurs efforts pour permettre à la recherche et à l’ingénierie d’accroître leurs connaissances, mieux prévenir les populations littorales d’un événement extrême et optimiser les systèmes d’alerte et la gestion des crises : le 16 juillet 2015, BRLI, l’Université de Montpellier (UM), l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et le CNRS ont donc signé un accord-cadre de partenariat baptisé « Outils et méthodes de gestion des eaux marines et continentales, prévention des risques sur la zone littorale ».

A horizon de deux ou trois ans

Litto_CMSBaptisé LITTO CMS (pour « littoral coastal management system »), ce projet de recherche vise la prévision et l’aide à la gestion en temps réel des crises inondation et submersion en zone littorale. Il s’agit notamment de développer une plate-forme de solutions innovantes pour améliorer la gestion de la bande côtière : plans de sauvegarde ou de gestion de crise, système et service d’alerte et d’assistance durant la crise. Il comprend une importante phase de modélisation maritime et côtière et doit répondre, à terme, aux attentes des collectivités les plus exposées.

« Le réchauffement climatique pose de nouvelles problématiques de protection des zones côtières et il y a nécessité aujourd’hui d’agir, d’aller plus loin dans les connaissances pour assister les collectivités et gérer les aléas, souligne Jean-François Blanchet, directeur de BRL, précisant que l’échéance du projet est proche. Le cycle de recherche du projet LITTO CMS est quasiment terminé, nous avons bien progressé sur la modélisation. L’étape suivante sera d’expérimenter sur sites réels, en Languedoc-Roussillon mais aussi pourquoi pas sur la côte atlantique et à l’international, et ensuite de développer un système d’alerte à horizon de deux à trois ans. »

Coopération entre mondes académique et économique

« Cet accord-cadre de partenariat est un bel exemple de coopération entre le monde académique de la recherche et le monde socio-économique, déclare Philippe Augé, président de l’Université de Montpellier le 16 juillet au moment de la signature. L’Homme ne peut éviter certaines catastrophes, comme la tempête Xynthia récemment, mais il y a un travail à faire en amont pour anticiper et limiter l’impact dramatique pour les populations et les biens. La R&D peut permettre de mieux comprendre ces phénomènes. »

Aux côtés de BRL, ont également travaillé des entreprises régionales telles que IBM et Géomatys (spécialisée dans le traitement de l’information spatiale et la cartographie, dont le siège est basé à Arles, avec une agence à Montpellier).

Golfe du Lion, un enjeu de taille

erosion_littoral_constatLes deux-tiers du Golfe du Lion sont touchés par l’érosion. Le dernier tiers de la côte voit, lui, ses plages grossir. Ouvrages, ports, et autres barrages créés par l’homme et la baisse des apports de sable du Rhône sont les principales causes de l’érosion. Le réchauffement climatique participe de cette inquiétante dynamique. Actuellement, la Méditerranée monte de 3,2 centimètres par an. Bouchette. Le Giec annonce une hausse du niveau de la mer de 80 cm en un siècle. L’enjeu est de taille : « Le tourisme, les ports et le littoral en général représente la première économie de la région et l’un des cinq axes majeurs pour les 20 ans à venir ».

En vue de l’IDEX

Labellisé par le pôle Risques et le Pôle Eau, LITTO CMS est financé dans le cadre d’un appel à projets du FUI (Fonds unique interministériel), soit 2,5 M€. Des financements vont également être demandés auprès de l’Agence nationale de la recherche (ANR) et des fonds FEDER.

La Région Languedoc-Roussillon, impliquée dans les enjeux du littoral méditerranéen via le Parlement de la Mer, soutient ce rapprochement qui s’inscrit pleinement dans les orientations de sa politique publique sur le littoral, et dans la perspective du projet IDEX (label Initiative d’excellence, visant à faire émerger au plan national des pôles d’excellence en matière d’enseignement supérieur et de recherche, et qui a échappé à Montpellier pour la 3e fois en avril dernier).

« Ce projet est une brique de l’IDEX, et cette collaboration, c’est vraiment ce qu’on doit faire, affirme François Pierrot, coordinateur de l’Idex, vice-président de l’UM, qui rappelle que l’Université de Montpellier a été pré-sélectionnée et déposera son dossier le 22 octobre prochain, pour une décision attendue en janvier 2016

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Magéo : plateforme de modélisation et de simulation d’événements

Pour prévenir des situations de propagation ou simplement dans une volonté de prise de décision en période de crise, de nombreux scientifiques s’appuient sur des logiciels de modélisation afin de simuler les conséquences de tels événements. Toutefois, ce genre de simulations s’appuyant sur des données issues des sciences humaines et sociales peuvent être difficile à mettre en place car elles se révèlent complexes. Et c’est justement pour faciliter ce lien entre les mathématiques et les sciences sociales que des chercheurs du CNRS et de l’université de Haute-Normandie de Rouen, propose Magéo.

Cette plate-forme qui s’adresse aussi bien à des décideurs, que des chercheurs et des étudiants, donne un accès gratuit à un logiciel de modélisation d’événement.

Une plate-forme utilisable par tous
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Ainsi, Magéo ne requiert pas de connaissances informatiques particulières et peut donc être utilisé par un grand nombre de personnes. Pour Patrick Taillandier, co-porteur du projet, « il suffit de télécharger gratuitement Magéo et de commencer par entrer les différentes entités qui composent notre scénario ». Une entité peut représenter n’importe quel objet ou individu : une voiture, un immeuble, ou des hommes et des animaux. Ensuite, il suffit de définir les caractéristiques de ces entités (âge, couleur, taille…) et d’en décrire les différents comportements. « Puis, l’utilisateur devra expliquer ce qu’il veut visualiser, le scénario auquel il pense avant de voir s’afficher la modélisation de son idée ».

Ce qu’apporte la modélisation

A l’occasion de l’événement les chercheurs du CNRS ont proposé à titre d’exemple de modéliser la propagation de la dengue – infection virale endémique – à Delhi en Inde et à Bangkok en Thaïlande. Combinés aux données provenant d’enquêtes préalablement réalisées et d’informations issues des hôpitaux, les scénarios mis au point par les chercheurs permettraient d’être mieux préparés au cas où ces derniers interviendraient en réalité. Cette modélisation, à l’inverse des autres moyens qui ont permis l’élaboration d’études traitant de la dengue, offre une vision globale des articulations entre les déplacements des hommes et la vie du moustique. « Tout ceci dans le but d’essayer d’évaluer pour mieux gérer au cas où cela arriverait vraiment » précise P. Taillandier. Il conclut toutefois que « les maladies ne sont évidemment pas le seul domaine, nous pouvons par exemple transposer cela aux accidents d’usine qui pourraient survenir à Rouen ».

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Un programme pour mieux prévoir les catastrophes naturelles en Méditerrannée

Météo-France et le CNRS vont bientôt débuter la première campagne de mesures de leur programme HyMeX. À terme, ce projet devrait servir à mieux prévenir les risques hydrométérologiques dans la région méditerranéenne.

Le programme HyMeX, créé en 2010 par Météo-France et le CNRS, va très prochainement lancer sa première campagne de mesures. Il a pour but une meilleure compréhension du cycle de l’eau méditerranéenne et prévision des risques hydrométéorologiques (pluies intenses, crues rapides, vents violents, sécheresses). Ce projet réunit près de 400 scientifiques, issus d’une vingtaine de pays et la toute première campagne de mesures intensives aura lieu du 5 septembre au 6 novembre 2012.

Lors de cette action, 200 moyens d’observations seront déployés dans les airs, la mer et sur la terre. Un maximum de données vont être collectées sur toute la Méditerranée nord-occidentale, en France, Italie et Espagne. Ces pays sont en effet régulièrement confrontés à de fortes pluies impliquant des crues rapides, particulièrement en automne. Cela peut provoquer d’importants dégâts matériels et mettre en danger la population. En France, le pourtour méditerranéen est souvent affecté par ce phénomène. Ce fut notamment le cas en septembre 1992 dans le Vaucluse (Vaison-la-Romaine), en septembre 2002 dans le Gard et en juin 2010 dans le Var.

« La région est complexe »

Par ailleurs, le Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a souligné que la région pourrait connaître une recrudescence des épisodes de sécheresses dans les prochaines années. L’importance de l’urbanisation et la rareté de l’eau potable dans cette zone rendent ces phénomènes particulièrement inquiétants. Et tout changement pourrait avoir de graves conséquences environnementales, sociétales et économiques. Ainsi, une anticipation optimale de ce type de problèmes hydrométérologiques paraît nécessaire.

Mais pour l’heure, les scientifiques manquent encore de données d’observation et leur connaissance des mécanismes atmosphérique, marins et continentaux reste imitée. Le directeur de recherche au Laboratoire de météorologie dynamique du CNRS Philippe Drobinski commente : « La région est complexe car il s’agit d’une petite mer quasi fermée, encadrée par des massifs montagneux importants comme les Alpes ou l’Atlas, avec un réseau de fleuves et rivières dense et un fort contraste climatique entre les rives nord et sud ».

HyMeX utilisera de gros moyens

Ainsi, le programme HyMeX devrait venir combler ces lacunes comme l’explique Hervé Mercier, directeur de recherches au CNRS: « L’objectif d’HyMeX est de comprendre le cycle de l’eau en Méditerranée et améliorer les projections sur les évènements extrêmes ». Les 400 scientifiques participant au projet sont des experts en sciences de l’atmosphère, océanographie, hydrologie continentale et sciences humaines et sociales (SHS). Les spécialistes en SHS « vont à leur façon collecter des données auprès des gens et voir comment les individus réagissent en situation de catastrophe, ce qui pourra nous aider à améliorer les préconisations et réduire le nombre de victimes », d’après l’hydrologue du CNRS Guy Delrieu.
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Les méthodes de mesures prévues sont multiples : radiosondages, ballons dérivants, mesures océaniques à partir de bateaux, mesures aéroportées, gliders et bouées dérivantes. Parallèlement, des instruments atmosphériques et hydrologiques, tels radars, lidars, profileurs de vent, radiomètres et détecteurs de foudre, seront utilisés sur huit sites français, italiens et espagnols. Une deuxième campagne aura lieu du 1er février au 15 mars 2013 dans le Golfe du Lion, puis, toutes les informations récoltées donneront lieu à des modélisations des évènements à venir. Le programme devrait se terminer en 2020.

Source : http://www.maxisciences.com/

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