Les élus rétais refusent le scénario d’apocalypse de submersion marine de l’Ile de Ré

Ce jeudi 6 novembre, les maires de l’île de Ré ont rejeté la dernière révision du Plan de prévention des risques littoraux (PPRL), qui réglemente notamment la constructibilité des terrains, estimant que ces nouvelles cartes signeraient « la mort de l’île ».

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Dix élus, dont le président de la Communauté de communes de l’île de Ré et président de la mission littorale du Conseil général de Charente-Maritime, Lionel Quillet, ont dénoncé à l’issue d’une réunion à la préfecture, un « simulacre de concertation » et rejeté les nouvelles cartes présentées par la préfète. Ces dix maires rétais jugent le nouveau plan de prévention des risques littoraux trop contraignant et disproportionné par rapport aux dégâts qu’avait occasionnés la tempête Synthia.

Les élus dénoncent un « scénario d’apocalypse de submersion marine »

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« Les élus sont sortis déçus », a reconnu jeudi soir la préfète, Béatrice Abollivier, lors d’un point de presse. « Ces cartes d’aléas, dessinées après concertation technique entre les bureaux d’études de la Communauté de communes de l’île de Ré et les experts nationaux de l’Etat et arrêtées par le ministère de l’Ecologie et du développement durable sont les seules à avoir valeur réglementaire », a-t-elle toutefois souligné.

Les élus rétais critiquent depuis 2012 les propositions de révision du PPRL de l’Etat, qui intègrent, selon eux, un « scénario d’apocalypse de submersion marine ». Les élus accusent aussi l’Etat de vouloir geler des zones en les déclarant inconstructibles afin de ne plus avoir besoin de les protéger par la construction ou le renforcement de digues.

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L’arrivée d’une nouvelle tempête inquiète sérieusement les Rétais

Une nouvelle tempête est annoncée sur l’atlantique. De puissantes vagues – de 8 à 10 mètres – sont attendues localement entre 7 et 22 heures, ce mercredi 5 février. Des vents sud de 120 km/h se combineront à de fortes marées (114) pour attaquer le littoral. Sur l’Ile de Ré, l’inquiétude est grande, élus et riverains s’interrogent sur leur avenir insulaire.
Ile de Ré

Alors que la Communauté de communes de l’île de Ré ne cesse de se battre pour son futur Plan de prévention des risques littoraux (PPRL) et parvenir à une carte d’aléas «au plus proche de la réalité», les phénomènes climatiques extrêmes ne cessent de martyriser le littoral Rétais. En effet, la tempête du week-end du 1er février a sérieusement entamé les côtes françaises comme à Soulac en Gironde, où le littoral a reculé de 15 mètres. Sur l’Ile de Ré, la situation n’est pas plus enviable, les dunes et les digues, fragilisées par Xynthia en 2008, étant toujours en attente d’une réparation réelle et sérieuse.
Couarde dune

En effet, si ces digues existent depuis des siècles, elles avaient vocation à l’origine de défendre des terres agricoles contre les inondations ou submersions, l’absence de réels phénomènes climatiques extrêmes a fait oublier leur entretien pourtant nécessaire. Par ailleurs, l’urbanisation, s’est développée à l’arrière de ces digues, avec tous les risques qui en incombent sur les populations et les biens. Et puis, il y a ce foutu réchauffement climatique avec son élévation du niveau des mers qui inéluctablement devrait envahir une partie du littoral Français.

Aujourd’hui, se pose donc la question de la responsabilité» des digues, pour savoir qui va réparer, entretenir voire élever ces protections artificielles. Jean-Marc Février, avocat en droit publique au barreau de Paris et spécialiste des problèmes littoraux rappelle que «le responsable, c’est le propriétaire ou l’exploitant (gestionnaire)». Encore faut-il pouvoir l’identifier ! En France, un tiers des 9 000 kilomètres de digues sont dites «orphelines», c’est-à-dire qu’on ne sait pas qui en est propriétaire. Vu les prix d’entretien des digues et les enjeux financiers considérables, personne ne se bouscule au portillon.

Aussi, les collectivités locales n’ont pas d’autre choix, par leur responsabilité dans l’aménagement du territoire et leur proximité avec les populations concernées, que d’assumer cette charge. Pour l’avocat, «Les collectivités territoriales doivent prendre en compte la sécurité publique, elles comblent donc un vide et pallient une situation de fait.».

L’Ile de Ré devra t-elle être laissée à la mer faute de moyens financiers ?

Le journal « le Phare de Ré » titré dans son édition du mercredi 29 janvier 2014 « Ré est-elle prête ? ». En effet, accentuées par l’effet du vent, les récentes grandes marées ont considérablement endommagé un cordon dunaire déjà fragile à Saint-Clément, à Loix, à Ars ou encore aux Portes. À La Couarde, commune la plus touchée, l’inquiétude est grande.

En janvier, la houle des grandes marées (coefficients de 108 le vendredi 3 janvier) avait littéralement dévorée le littoral. En l’espace d’une semaine à peine, le cordon dunaire a reculé sur la plage du Peu Ragot d’une dizaine de mètres, voire de 20 mètres à certains endroits. C’est à présent une falaise de sable haute de près de quatre mètres qui fait face à l’océan. Au pied de celle-ci, le sable n’est pas celui de la plage, mais bel et bien celui de la dune qui tombe inexorablement..

Alors, faut-il être fataliste devant Dame Nature et la force des éléments ? Certains le pensent et l’écrivent au maire de la Couarde, Patrick Rayton. Mais pour ce défenseur de sa commune, la solution existe et se trouve dans l’enrochement. Cette opération a d’ailleurs été réalisée pour un partie de dune de la commune dite l’épi de La Pergola . La municipalité avait obtenu de l’État une autorisation de travaux exceptionnelle le 18 janvier 2013. Six jours plus tard, une opération d’enrochement, cofinancée pour moitié par le Conseil général et la Communauté de communes, était menée sur 62 mètres pour un montant de 86 000 €.

Pour le Peu Ragot, la dépense devrait s’élever à environ 800 000 €, toujours selon le même principe du 50/50…alors, devenons nous retirer et laisser la nature reprendre ses droits ou continuer à se battre à grands coups de milliers d’euros !

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