Pour réduire les risques, planification et investissements urbains doivent intégrer la résilience

La Plate-forme mondiale pour la réduction des risques de catastrophe, en colloque cette semaine à Genève, dénonce un manque de cohérence entre les solutions techniques permettant une gestion et une conception urbanistiques fiables et, d’autre part, les décisions politiques et la gouvernance. De plus, la réduction des risques de catastrophe doit systématiquement intégrer la résilience dans la planification et les investissements urbains.

résilience
Léo MASSEY – Master 2 Métiers du Politique et de la Gouvernance

Le Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU/Habitat), M. Joan Clos, a déclaré lors de la quatrième session de la Plate-forme mondiale pour la réduction des risques de catastrophe, que l’urbanisation était en crise perpétuelle. Même Stockholm est désormais confrontée à des émeutes. L’essentiel de la population étant concentré dans les villes, il convient de réfléchir à une nouvelle forme de vie en ville, moins onéreuse, plus ouverte, moins encombrée et moins inégalitaire, a souligné M. Clos.

Les villes des pays développés doivent repenser leur financement, dans un contexte de crise et de concurrence. Dans les pays en développement, les problèmes tiennent en particulier à l’anarchie du développement urbain. La pollution et la congestion des nouveaux grands centres urbains sont d’autres aspects de la crise, comme on le constate en Chine.

Cette crise de l’urbanisation est due au fait que les planificateurs ont encore recours aux recettes du XXe siècle, notamment le zonage par activité, qui ne sont plus du tout adaptées aux conditions économiques et sociales de l’ère actuelle. C’est pourquoi, ONU/Habitat entend ouvrir la réflexion sur le dépassement de cet ancien modèle. Les principes de résilience, de réduction des risques, de compacité, de mixité, de proximité et d’intégration sociale doivent être incorporés aux nouveaux modèles d’urbanisation, capables d’offrir des modes de vie attrayants aux citadins.

En s’appuyant sur le retour d’expérience du passage de l’ouragan Sandy, dans l’État du New Jersey (États-Unis), le maire de Hoboken, dont la ville a été très fortement endommagées avec plus 800 millions de dollars de dommages préconise que les villes doivent adopter des normes techniques très sévères pour se prémunir des catastrophes.

Ainsi, La ville de Hoboken envisage de créer des parkings souterrains pouvant servir, au besoin, de bassins de rétention. La municipalité plaide, auprès des autorités fédérales, pour l’adoption d’une approche plus globale de la préparation et de la réaction aux inondations, qui passerait, par exemple, par la création de barrages. La ville d’Hoboken contribue également à la sécurisation de la fourniture d’électricité dans l’État du New Jersey.

Pour le maire de Chacao, au Venezuela, M. Emilio Graterón, la planification urbaine ne doit pas être un processus seulement technique. Elle doit devenir un processus humain impliquant la participation des personnes concernées., et il s’agit là d’un véritable changement culturel.

De ce fait, la nouvelle urbanisation participative doit intègrer, dès le départ, la notion de résilience. Elle repose sur une nouvelle forme d’organisation sociale spontanée des citoyens, caractérisée par la réappropriation de l’espace urbain, qui contribue notamment à limiter la criminalité. Les habitants intègrent la planification de leur ville au point d’agir spontanément de manière à limiter les effets des catastrophes.

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France Guérin-Pace (Ined)

En conclusion, l’avenir de l’urbanisation dépend moins de l’action des planificateurs que de celle des responsables politiques et des représentants de la société civile.

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