Nîmes est-elle armée pour affronter une catastrophe similaire à celle de 1988

L’origine du phénomène naturel du 3 octobre 1988 résidait dans la conjonction des airs chauds méditerranéen et des airs froids océaniques qui s’étaient auto-alimentés au-dessus de la ville. Selon les statistiques de Météo France, l’évènement de 1988 peut arriver tous les deux siècles. Autrement dit, il y a une chance sur 200 que cela se produise chaque année.

Alors la municipalité se protège: 19 bassins de rétention ont été créés ainsi qu’une carrière pouvant accueillir deux millions de mètres cube d’eau. La traversée de la zone urbaine a été aménagée par des cadereaux. « Une alerte est disposée pour prévenir les établissements accueillant des personnes. L’inondation départementale de 2005, dans une configuration différente que celle de 1988 a montré que les bassins ont une réelle efficacité. Elles ont aussi permis d’intégrer le financement de l’Etat dans la politique de protection des habitants car, jusqu’ici, les aides de l’Etat étaient consacrées uniquement aux actions menées hors de la ville », détaille Jean-Marie Filippi, adjoint au maire de Nîmes, en charge des inondations.

Poursuivre les travaux d’aménagement

Au fil du temps, des aménagements se réalisent. « Nous venons de terminer les travaux d’un cadereau, des parcelles à l’air libre s’alternant avec des parcelles souterraines, sur 7 kilomètres, route d’Alès, pour sécuriser l’Ouest de la ville », précise l’élu nîmois. Les opérations route d’Uzès, au nord-est, restent en cours. Plusieurs programmes ont été mis en place, sur les périodes 1990-2000, (18 millions d’euros), sur 2000-2007 (37 millions) et sur la période 2007-2014 (63 millions). « Un nouveau programme est d’ores et déjà prévu. Il devrait s’étendre jusqu’en 2021, mais il sera nécessaire de poursuivre ces travaux au-delà de cette période », indique Jean-Marie Filippi.

Pour les nouveaux habitants, chaque année, lors de la journée d’accueil qui leur est proposée, un stand pédagogique est réservé aux inondations (un retour historique et la description du bon comportement à adopter). Un parcours explicatif, route d’Uzès, chemin de Calvas, au-dessous du bassin de rétention de l’oliveraie, est aussi accessible à tous.

La politique d’urbanisme, un temps dans le collimateur des associations de riverains, est déléguée à la préfecture depuis l’année dernière. Du coup, des projets de lotissements comme l’éco-quartier du Mas Lombard, aux 1000 logements, à l’Est, entre le centre-ville et l’A9, sont revus à la baisse. D’autre part, plus de 100 maisons sont encore à délocaliser avec l’accord des propriétaires.

« Les inondations causent plus de décès que les feux »

Les services de Météo France ont progressé dans l’anticipation des risques. Les secours s’adaptent aussi. Les sapeurs-pompiers du service départemental des incendies et de secours (Sdis) ont vécu les inondations de 2002, 2003 et 2005 et engrangé de l’expérience. « Il n’existe pas de formation spécifique aux inondations gardoises, mais nous avons acquis un savoir-faire local », explique le directeur, Christian Simonet. Des gilets de sauvetage auto-gonflables pour les véhicules ont été fournsi pour assurer la sécurité du personnel. Des sessions de révisions annuelles sont organisées pour maîtriser l’emplacement du matériel et rappeler quelques consignes. « Les inondations causent plus de décès que les feux. Alors oui, nous sommes préparés et nous n’écartons pas la possibilité d’être confrontés de nouveau à des intempéries comme en 1988 », admet-il, avec fatalité. « Pour contenir un évènement comme celui d’il y a 25 ans, il faudrait détruire une partie de la ville… « , concède Jean-Marie Filipp. Et de poursuivre avec froideur: « Si cela se reproduisait, nous ne pourrions pas éviter une catastrophe similaire « .

(Benjamin Téoule de l’Express)

En savoir plus la politique de gestion des inondations de Nîmes : http://www.nimes.fr/index.php?id=622

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