La perception des risques liés aux installations industrielles

amaris_irsnAprès la publication du baromètre 2014 sur la perception des risques et de la sécurité par les Français de l’Institut de Radioprotection et Sûreté Nucléaire (IRSN), l’association Amaris a publié sur son site un focus sur la perception des risques liés aux installations industrielles.

1. La perception des risques industriels se dégrade.

La majorité des Français pense que les risques liés aux installations industrielles n’ont pas changé depuis 10 ans, et un Français sur quatre pense que les risques ont augmenté. Les perspectives d’avenir ne sont pas plus réjouissantes, 72% des Français pensent que les risques ne vont pas changer ou vont augmenter pour les 10 ans à venir.

 De plus, le niveau de risque associé aux risques industriels a augmenté par rapport à l’année dernière. 49% des Français pensent que le risque est élevé dans le nucléaire, ils sont 45% pour la chimie, et 42% pour le transport de matières dangereuses.

Le domaine des pollutions atteint des records : 66% des Français pensent que le risque est élevé pour la pollution atmosphérique, ils sont 62% pour la pollution de l’eau, et 60% pour la pollution des sols.

 Par conséquent, en rupture avec l’année précédente où on pouvait émettre l’hypothèse qu’en cette période de crise économique, l’industrie était perçue par les Français davantage en terme d’emplois que de risques, il n’en est rien cette année. L’implantation d’une installation industrielle dans une commune suscite des sentiments partagés : les Français perçoivent aussi bien la création d’emplois (43%) et le développement économique (31%), que les risques (20%) et la pollution (37%) engendrés.

 2. De l’impartialité, de la transparence et de la prudence

 Les Français ne sont pas prêts à laisser une installation à risques sans aucun contrôle politique ou citoyen. Du fait de la complexité technologique, ils préconisent un contrôle par les comités d’experts scientifiques (29%) et dans une moindre mesure par des comités locaux de citoyens (7%).

Concernant le rôle des experts scientifiques, les Français attendent :

  • de l’impartialité et de la rigueur – 4 personnes sur 5 estiment que les experts doivent présenter leurs points de désaccord ;
  • de la transparence – 9 personnes sur 10 pensent qu’il faut informer sur les risques générés par les installations ;
  • de la prudence – 3 personnes sur 4 défendent l’idée qu’en matière de risque il est normal de prendre toutes les précautions.

Dans ce sens, la non-publication des résultats d’expertises est acceptable pour deux raisons : la sécurité (lutte contre le terrorisme, secret défense) et l’aboutissement de l’expertise et de la décision (l’incertitude d’une expertise, l’attente d’une décision). En dehors de ces raisons, les Français souhaite que les travaux soient publiés et diffusés pour construire leur propre opinion.

 3. Les structures pluralistes plébiscitées

 Les Français continuent très largement (90%) à plébisciter les structures pluralistes réunissant experts, décideurs politiques, industriels, associations et citoyens, pour s’occuper des problématiques de risques.

Selon eux, ces structures permettraient :

  •     de mieux identifier les risques ;
  •     de contribuer à les réduire ;
  •     de faire émerger de nouveaux points de vue et de nouvelles idées ;
  •     et d’améliorer la communication des résultats.

Environ une personne sur deux se déclare disposée à consacrer du temps à des réunions d’information et de concertation sur les modes de gestion des installations à risques. La fréquence souhaitée pour cette participation est assez faible : parmi ceux qui y sont favorables, les deux tiers le feraient une fois par an.

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