Nouveau SAIP : de plus en plus d’interrogations des communes

Du chant des sirènes à l’alerte de la population… Chaque début de mois, à l’heure du déjeuner, c’est toujours le même rituel : de longs hurlements résonnent dans la ville. Pour le moment, du moins. Car ces reliques de la Seconde Guerre mondiale sont vouées à la disparition. Pour cause : le ministère de l’Intérieur, qui s’est engagé depuis 2010 à moderniser ces systèmes d’alerte, va mettre en place un nouveau dispositif. Lequel est pris en charge par la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion de crise.

Créé pour alerter la population en cas de danger aérien, le réseau national d’alerte (RNA) est devenu obsolète. Si la technologie rustique alliant gros boutons et diodes lumineuses dignes d’un vieux James Bond fonctionne parfaitement, c’est surtout que plus personne ne sait vraiment comment réagir en cas de sonnerie.

En Savoie, 144 sirènes du réseau national fonctionnent dans 70 communes

Utilisées au fil des années pour prévenir la population en cas de catastrophe, d’inondation ou de feux de forêts, les sirènes du RNA ne sont plus adaptées à un monde connecté. En Savoie, 144 sirènes du réseau national fonctionnent dans 70 communes. L’objectif, dans le département, est d’en raccorder 27 à ce système baptisé SAIP (Système d’alerte et d’information des populations), avec une première vague de déploiement prévu pour 2013-2015.

SAIP1L’idée est de redéployer les outils existants. En cas de danger, la population sera alors alertée grâce à des panneaux à messages variables et aux téléphones mobiles. Un dispositif plus complet qui permettra de détailler la nature du risque, son imminence et le comportement à adopter : évacuation, confinement, point de rassemblement… Mais certaines communes, comme, par exemple, celles concernées par des risques de crues torrentielles, conserveront leur sirène. C’est le cas notamment en Haute-Savoie, à Annecy, autour du dépôt pétrolier de Vovray (site classé Seveso II).

Pour les communes qui souhaitent conserver leur sirène, elles le pourront. Mais le coût, aujourd’hui onéreux, sera à leur charge.

Le système SAIP sera activé par les autorités de police administrative (maire, préfet, ministère de l’Intérieur) avec des messages définis à l’avance. Un dispositif qui permettra de cibler les alertes et de conseiller aux gens de fuir ou de se confiner, en fonction de leur position.

Déjà actif dans quelques pays, ce système va être testé cette année à Lyon et Marseille avant d’être déployé dans toute la France entre 2014 et 2017. Mais d’ici là, nombre des 4 500 sirènes du RNA auront été déconnectées.

De nombreux Elus souhaiteraient connaître les réelles fonctionnalités de ce nouveau système d’alerte dont l’enveloppe budgétaire, initialement prévue à hauteur de 80 millions d’euros, est, compte tenu du contexte actuel de limitation des dépenses, tombée à moins de 20 millions. D’autre part, les communes engagées dans une démarche de protection des populations qui disposent déjà d’outils d’alerte comme les automates d’appel et les panneaux lumineux  s’interrogent sur l’articulation de leurs moyens d’information et d’alerte de leurs habitants avec ce nouveau SAIP.

 

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