Une grande crue type 1910 en Ile de France impacterait 8% de l’habitat soit 430 000 logements

Selon un rapport publié aujourd’hui par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU), quelque 430.000 logements d’Ile-de-France, soit près de 8% de l’habitat et totalisant 27,3 millions de m2 de surfaces habitables, seraient menacés en cas de grande crue semblable à celle qui frappa Paris en 1910. En termes économiques, cette inondation majeure est aujourd’hui estimée par l’EPTB Seine grands lacs, entre 17 et 20 milliards d’euros pour les dommages directs.

Avec près de 78 % des logements potentiellement exposés, les départements de la petite couronne concentrent les enjeux. Le Val-de-Marne apparaît comme le territoire le plus menacé, avec plus de 123 000 logements en zone inondable, suivi de Paris (107 700) et des Hauts-de-Seine (94 450). La Seine-Saint-Denis, beaucoup moins exposée au fleuve, n’est concernée qu’à hauteur de 11 700 logements. En grande couronne, la Seine-et-Marne et l’Essonne présentent le plus de risques, avec chacun plus de 36 000 logements exposés.

Les enjeux peuvent être localement très élevés. Ainsi, une quinzaine de communes comptent
plus de 10 000 logements majoritairement collectifs en zone inondable.

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Un parc de logements particulièrement vulnérable

En effet, la vulnérabilité de cet habitat est particulièrement importante en Île-de-France où plus de 48 % des logements en zone inondable (205 000) sont exposés à des niveaux d’aléas forts (hauteur de submersion entre 1 m et 2 m) à très forts (hauteur de submersion supérieure à 2 m) pour une inondation d’occurrence centennale.

Si le système des ouvrages de protections (digues, batardeaux…) développé par la ville de Paris pourrait théoriquement protéger la voie publique parisienne d’une inondation par débordement jusqu’au niveau de la crue de 1910, les autres territoires de l’agglomération
centrale paraissent beaucoup plus vulnérables. Au regard des ouvrages de protection existants (niveau des murettes de protection inférieur au seuil de la crue centennale), le
Val-de-Marne ressort comme le territoire le plus sensible à une inondation majeure. Si les enjeux quantitatifs sont moindres dans les Hauts-de-Seine, le diagnostic s’y avère similaire sur de nombreux points.

Anticiper cette crue pour être plus résilient

Près de 95 % des bâtiments localisés en zone inondable accueillant des logements individuels ou collectifs seraient inadaptés au passage d’une crue.  Face à l’importance des enjeux, il paraît illusoire d’engager une politique « zéro dommage » en dehors du cadre d’opérations lourdes de renouvellement urbain pour les immeubles bâtis.

Le Cepri note que nombre de mesures en matière de réduction de la vulnérabilité du bâti n’auraient qu’une faible incidence sur la réduction des dommages, si elles ne sont pas pensées dès la conception du projet.

Pour autant, certaines actions peuvent minimiser les coûts pour les propriétaires privés ou la collectivité comme  la réduction de la vulnérabilité des ensembles d’habitats par les grands bailleurs sociaux, mais aussi des territoires, dans le cadre par exemple des opérations de rénovations urbaines.

À l’échelle individuelle, une part non négligeable des dommages est liée aux biens mobiliers (équipements, électroménagers…). Aussi, pour le citoyen, la connaissance de sa situation par rapport à des zones de risques devrait permettre à chacun d’anticiper les conséquences d’une inondation majeure, d’autant plus qu’il s’agit d’un phénomène lent.

Le partage de l’information, le développement de cette culture du risque, dont le défaut est un constat largement partagé par les acteurs de la gestion des risques en Île-de- France, devraient constituer l’un des principaux axes d’actions des stratégies locales à mettre en oeuvre.

Lire la note complète de l’étude de Ludovic Faytre, responsable risques majeurs à l’IAURIF

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Publié par

Patrice-Louis Laya

Avec plus de 35 ans d'expérience dont 10 ans dans le Groupe BASF, 20 ans dans la sphère IBM (Business Partner, Agent, Architecte solution sécurité), et la création en 2005 d'un Pôle dédié à l'infomédiation sur les problématiques du risque majeur et l'architecture des TIC appliquées aux risques majeurs, Patrice-Louis LAYA a été appelé par le HCFDC pour créer et animer ce blog sur la Résilience et la Sauvegarde des territoires au travers de sa structure dédiée au community management et à la communication digitale e-relation Territoriale. Depuis janvier 2012, Patrice LAYA est auditeur de la Session Nationale Résilience et Sécurité Sociétales. Il a par ailleurs, une formation initiale en agronomie, complétée par une maîtrise d'informatique appliquée à la gestion et un DESS en ingénierie de l'innovation. Dialoguer sur Twitter : @iTerritorial - sur Facebook : http://www.facebook.com/Plan.Communal.Sauvegarde Par mail : espace.territorial@online.fr

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