20 ans après les inondations du haut-Vaucluse, un devoir de mémoire

Les commémorations des inondations meurtrières à Vaison-la-Romaine, dans le haut- Vaucluse ont eu lieu ce samedi 22 septembre. Elus locaux et simples anonymes ont rendu hommage aux 41 victimes de la crue de l’Ouvèze, il y a 20 ans.

Retour sur le 22 septembre 1992 : une journée que les plus grands scénaristes d’Hollywood n’auraient pu imaginer (moteur)


INONDATIONS VAISON LA ROMAINE

Ce 20 septembre 1992, l’Ouvèze déborde, ravageant une soixantaine de villes et de villages dont Vaison-la-Romaine, Bédarrides, Jonquières… Une telle catastrophe change à jamais, forcément, la vie de ceux qui l’ont vécue et vingt ans plus tard, le temps n’a rien effacé.

La mémoire comme outil de prévention des risques

Terribles leçons, qui ont aussi rappelé que ni la nature ni la rivière ne se domptent. Pour s’en protéger et être prêt à réagir le mieux possible le jour où un tel phénomène surgi, il faut d’abord avoir conscience que le risque peut arriver. Et cette conscience doit être éveillée sans cesse par tous les moyens d’information et de communication dont dispose notre société moderne afin de veiller sur la mémoire des événements passés. C’est par cette mémoire régulièrement nourrit que le citoyen acceptera l’évidence du Risque et décidera d’y faire face en apprenant les comportements adaptés. Un processus qui fera du Risque sa Culture.

Un film et roman pour commémorer le 20ème anniversaire de la tragédie.

« De l’eau, de la boue et des larmes » : un film-évocation
Participer à l’œuvre de mémoire, c’est apprendre à vivre avec le risque inondation et en tirer les enseignements. Ainsi, deux décennies après le drame, l’association Mémoire et le réalisateur Alain Glasberg sont allés écouter les victimes et les secouristes qui voulaient et pouvaient encore en parler. En ressort un documentaire fait d’images et films de l’époque, prises entre autres par les habitants eux-mêmes. Une partie d’entre eux, ainsi que des élus locaux, y évoquent alors ce qu’ils ont vécu et ressenti. « Nous ne voulions pas faire un documentaire chronologique avec des images insoutenables » nous explique Daniel Morin, président de Mémoire, « nous voulions donner la parole aux habitants ; ce n’est pas un film d’Histoire mais de sentiments ». Ces témoignages et films (plus de 80 heures ont été envoyées par les habitants) sont pour le réalisateur comme « des parcelles de vie qui tentent de pallier l’oubli, la perte » car, au-delà de la commémoration, l’ambition de ce documentaire est double. Se souvenir bien sûr, mais aussi prendre conscience des risques naturels qui concernent tout particulièrement notre région.

“De l’eau, de la boue et des larmes”
pour visualiser le pitch : http://vimeo.com/49230768

Le film coproduit avec l’I.M.C.A et réalisé par Alain Glasberg a bénéficié du soutien du Conseil régional P.A.C.A, du Conseil général de Vaucluse et des communes de Vaison-la-Romaine, de Jonquières et de Bédarrides. Il a été projeté en public le 17 septembre à Vaison-la-Romaine, le 18 septembre à Jonquières et le 20 septembre à Bédarrides.

« L’apocalypse selon l’Ouvèze » : une fiction qui reprend heure par heure voire minute par minute la chronologie des faits

Dominique Fénogli, Jonquiérois d’origine qui avait 27 ans au moment de la catastrophe écrit une fiction alors que les témoins de ce drame, aujourd’hui encore, décrivent une journée que les plus grands scénaristes d’Hollywood n’auraient pu imaginer. Dans L’apocalypse selon l’Ouvèze, l’auteur reprend heure par heure voire minute par minute la chronologie des faits. À tel point que l’ayant écrit sous un pseudonyme, on a pu penser un temps que ce récit était la pure vérité : celle d’un habitant du quartier Théos qui a tout perdu. « Je me suis mis à la place des victimes. On est sous le choc. C’est dramatique parce qu’on ne peut rien faire et l’eau arrive. »

L’auteur se nourrit d’informations puisées dans les journaux de l’époque, d’images captées sur les chaînes de télévision. « Je me suis mis à imaginer ce qui s’était passé sur Vaison. » L’eau qui rentre comme par effraction dans la maison, la petite famille qui se réfugie sur le toit, la vague, mortelle vague, qui emporte une mère et ses deux enfants en bas âge, l’errance d’un homme ballotté par la rivière devenue torrent… Tout y est.

En publiant ce récit fictionnel 20 ans après, Dominique Fénogli qui se défend de tout but mercantile, aspire à ce que l’on continue à parler de cette catastrophe pour ne pas oublier. Pour les victimes, c’est essentiel. Aujourd’hui greffier auprès de la Cour d’appel de Paris, l’homme connaît l’importance pour les victimes de libérer leur parole, l’importance d’être reconnues en tant que victimes. L’auteur a d’ailleurs dédié son ouvrage « aux habitants de Vaison-la-Romaine et aux victimes de la vallée de l’Ouvèze ». Dominique Fénogli veut contribuer à ce « devoir de mémoire » pour que les générations futures n’oublient pas ce 22 septembre 1992.

Extrait de « L’apocalypse selon l’Ouvèze » de Dominique Fénogli

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Publié par

Patrice-Louis Laya

Avec plus de 35 ans d'expérience dont 10 ans dans le Groupe BASF, 20 ans dans la sphère IBM (Business Partner, Agent, Architecte solution sécurité), et la création en 2005 d'un Pôle dédié à l'infomédiation sur les problématiques du risque majeur et l'architecture des TIC appliquées aux risques majeurs, Patrice-Louis LAYA a été appelé par le HCFDC pour créer et animer ce blog sur la Résilience et la Sauvegarde des territoires au travers de sa structure dédiée au community management et à la communication digitale e-relation Territoriale. Depuis janvier 2012, Patrice LAYA est auditeur de la Session Nationale Résilience et Sécurité Sociétales. Il a par ailleurs, une formation initiale en agronomie, complétée par une maîtrise d'informatique appliquée à la gestion et un DESS en ingénierie de l'innovation. Dialoguer sur Twitter : @iTerritorial - sur Facebook : http://www.facebook.com/Plan.Communal.Sauvegarde Par mail : espace.territorial@online.fr

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